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30 septembre 2026

Rencontres de la photographie d’Arles 2026

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De retour des Rencontres de la photo d’Arles (compte-rendu un peu tardif dû à quelques petites misères informatiques).

Les matinées et les après-midi à arpenter la ville à un rythme soutenu pour profiter au maximum des expositions (quarante-sept sur douze mille mètres carrés dans vingt-huit lieux insolites ou appartenant au patrimoine architectural de la cité) requièrent une bonne condition physique. Un hôtel confortable, de préférence central, et de bons restaurants y contribuent. 

Ma cinquième visite à cette grand-messe de la photographie fut comme d’habitude riche d’enseignements et de découvertes, même si mon esprit critique est resté en éveil en raison du caractère toujours très orienté des messages délivrés, plus encore cette année de la cinquante-septième édition massivement focalisée sur l’Afrique. 

Difficile d’échapper aux habituels mantras concernant la colonisation par les européens (comme s’ils avaient été les seuls à coloniser !), au patriarcat (comme si le continent africain en était vierge !). À la lecture des panneaux de présentation et de commentaires didactiques des œuvres et des artistes, j’avais trop souvent l’impression de me promener dans les pages d’un numéro géant de Télérama, ce qui constitue la marque, je serais tenté de dire la maladie des rencontres de la photo. J'en veux pour exemple ce petit texte gêné placardé à l'entrée de l'exposition Des images qui ne font pas rêver de Marie-Claude Deffarge et Gordian Troeller, un authentique petit chef-d'œuvre de la tartufferie ambiante que je laisse à votre appréciation :

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Au cas où nous ne serions pas assez grands pour en juger nous-mêmes !

 Pour ménager mes petits nerfs, j’ai donc décidé d’ignorer les récits édifiants et la propagande politiquement correcte pour me concentrer sur l’esthétique : la photo, rien que la photo. Il faut reconnaître que pour qui aime ou pratique cet art, l’événement est incontournable, surtout si l’on veut s’imprégner du travail des photographes qui aujourd’hui ou en leur temps sont vraiment des pointures.

Je ne dirais pas que cette année 2026 soit le meilleur cru, mais j’ai tout de même à l’esprit, en toute subjectivité, d’authentiques temps forts : les somptueuses compositions et couleurs urbaines de Harry Gruyaert (Le sens du lieu) à La Chapelle Saint-Martin du Méjan, les insertions malicieuses (par montage) de la personne noire dans l’univers stéréotypé exclusivement blanc de scènes familiales des années 1950 / 1960 par Lee Shulman et Omar Victor Diop (Le projet Anonnymous : être là) à l’ancien collège Mistral, Nos rêves lointains (Regards sur la collection photographique de la Fnac) à l’espace Monoprix, un passionnant voyage en cent photos souvent célèbres qui n’avaient nul besoin de « dialoguer » avec le texte insipide de Nathacha Appanah inséré dans l’exposition (on pouvait se passer de le lire mais hélas pas de l’entendre car enregistré en boucle en une litanie geignarde typique de la littérature souffreteuse produite au kilomètre par l’édition française à chaque rentrée littéraire — toute ma solidarité avec les agents de contrôle et de surveillance qui ont dû subir ce bruit de fond lors de leurs vacations).   

J’ai aussi apprécié les narrations subtiles et surprenantes de Ming Smith (Lueurs nomades) à l’église Sainte-Anne, les images industrielles spectaculaires de l’époque de l’électrification du pays dans la France d’après-guerre publiées par le magazine Vigilance (Le travail sous tension) au Ground Control, le traitement en étranges récits poétiques du portrait, de l’autoportrait et des archives familiales par Camille-Renée Devid (Découvrir mes couleurs) à l’ancien collège Mistral, les soixante ans de reportages d’Alain Keler (Rétrospective) aux douches municipales, la délicatesse, l’humour, le sens du détail et la tendresse de Pentti Sammallahti  à l’espace Croisière et le regard urbain sur la Côte d’Ivoire des années 70 de Paul Kodjo (Photoromance) à l’espace Croisière.

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Petite pause à l'espace Croisière

Commentaires

Vous revoilà !!
Votre blog commençait à manquer...
Vous portez les stigmates d'une coloration cutanée évocatrice du passage de l'été.
Sur les photos accompagnant votre commentaire, on ressent l'écrasement des températures qui devaient s'abattre sur cette ville, ruelle déserte, quai bord du fleuve et terrasse bien vide.
Mais ce n'est qu'une déduction personnelle.
Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas le parapluie qui a été ouvert avec ce commentaire, mais une toile de tente !!
Surtout montrer " patte blanche" ( ou devrais-je dire "patte noire"), pour bien montrer qu'on ai bien dans l'air du temps, du bon côté soumis aux diktats des minorités visibles, les "chiens" de garde de la censure sont en alerte, aboyant jusqu'à l'extinction des voix, pour vous rappeler qu'à tous moments vous serez suspectés de tous les anathèmes possibles, slogans martelés depuis des décennies.
Amateur modeste de la photographie depuis un certain temps, j'ai pris beaucoup de distance avec l'évolution des techniques révolutionnaires dans ce domaine.
Pour avoir échangé avec quelques passionnés de cette expression artistique, je me suis rendu compte que la plupart des clichés étaient plus ou moins retouchés.
Certes à des niveaux différents, souvent pour une amélioration purement visuelle avec la complexité des prises de clichés, pour un objectif de rendre plus beau, poétique....
Ce n'est en rien déshonneurant, après chacun apprécie ou pas.
Et puis il faut être réaliste, la photographie est devenue au fil du temps une arme politique, pour des causes parfois justes et nécessaires pour être des relais, des témoignages.
Mais malheureusement aussi des outils de "destruction massive", des faire valoir pour des manipulations et des mensonges ( les fameuses Fake news ).
Sans compter qu'avec l'ampleur du phénomène I.A., bien malin celui où celle qui arrivera à sortir le grain de livret !?
Chef d'oeuvre littéraire ou création poétique pouvant être le pur produit des créations virtuelles, comme les discours politiques, les cours dispensés dans n'importe quels établissements dédiés...Et j'en passe.
Alors on peut en penser ce que l'on veut, la question que je me pose c'est qu'avec la révélation depuis des décennies des résultats Pisa sur le niveau intellectuel de la jeunesse qui sera probablement comme je l'avais précédemment évoqué, aussi élevé qu'un pétoncle et que le cerveau humain sera réduit à la taille d'une noix, grâce à la déferlante Tiktok et autres, est ce qu'il y aura encore de la place pour le discernement, la réflexion et à la prudence ?

Maintenant je me concentre sur les photos que je fais et prends plaisir à partager, évidemment aucunement au niveau d'une "pointure".
Je suis inlassablement à la recherche de clichés anciens ( même les cartes postales anciennes, sans les collectionnées).
Là j'ai la garantie de la "pureté" du cliché, de la virginité de l'instant T passé à la postérité.
Certes, je prends plaisir à voir les photos contemporaines, les clichés urbains en noir et blanc, et toutes celles qui ont un lien avec la nature, particulièrement le monde végétal révélés par des botanistes ou des naturalistes.
Mais celle de l'espace sont mon best seller.
Évidemment les photos prises par toutes les technologies spéciales sont bien évidemment rendues visibles et comprises par le simple quidam comme moi, grâce aux logiciels qui permettent l'interprétation pour l'oeil profane, mais ça je le sais et je l'accepte en connaissance de cause....

Écrit par : un lecteur intéressé | 30 septembre 2026

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