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26 mars 2012

Du vote d'humeur

christian cottet-emard,le club des pantouflards,éditions nykta,polar,roman,fiction,littérature,politique,élections,élection présidentielle,vote,humeur,blog littéraire de christian cottet-emard,vote d'humeur(Extrait de mon roman Le Club des pantouflards, éditions Nykta, 2006.)

Dans le bonheur (Chapitre 4)

Le clair de lune égara l’ombre d’Effron Nuvem contre une palissade recouverte d’affiches et l’une d’entre elles retint son regard parce qu’il y reconnut la tête du marchand de chaussures. Il se souvint alors que les élections approchaient. Pour la première fois, le club des pantouflards présentait une liste conduite par le petit gros. Maintenant, Effron Nuvem comprenait mieux ses approches mais tout de même, aller jusqu’à lui proposer de l’accueillir au sein du club... Que pouvait valoir l’adhésion d’un chômeur, une de ces « âmes mortes » à peine bonnes à émigrer d’un fichier à un autre au gré des fluctuations d’une comptabilité d’actifs et de passifs que se jetaient sans cesse à la figure lors de joutes télévisées les dignes héritiers de l’escroc Tchitchikov ?
Le jour du scrutin, Effron Nuvem, muni de sa carte d’électeur et de sa carte d’identité, alla aux urnes avec l’intention de voter contre et peu importait contre qui. Mais sur le trajet, son soulier droit s’enfonça mollement dans une énorme crotte de chien de couleur orange. Saisi d’une bouffée de colère, il mit un bon quart d’heure à nettoyer sa chaussure dans les toilettes publiques moyennant une pièce de vingt centimes, ce qui ne fit que décupler encore sa rage au point qu’il arriva tremblant et le visage congestionné au bureau de vote. Monsieur Nuvem ! Quelque chose ne va pas ? Vous ne vous sentez pas bien ? s’enquit le marchand de chaussures qui se tenait à proximité de la table où étaient disposés les bulletins et les enveloppes et qui saluait tout le monde. Tout à son exaspération, Effron Nuvem abandonna en une seconde ses intentions de vote et choisit ostensiblement un bulletin où figurait la liste du club des pantouflards sous l’oeil approbateur du petit gros qui lui décocha un clin d’oeil de connivence. Toujours contrarié, il décida d’aller respirer l’air de la Saône. Sur le pont Masaryk, il croisa une femme accompagnée d’un garçonnet qui le mit en joue avec un pistolet en plastique.

© Éditions Nykta, 2006.

ISBN : 2-910879-76-3

Commentaires

A propos de crotte de chien, j'espère que vous avez mis le pied gauche dedans et vos lunettes à l'endroit. Plus sérieusement, Jean Tardieu, que vous avez connu, et à qui vous rendez un si bel hommage dans l'un de vos ouvrages aimait-il les chiens?

Écrit par : pluto | 29 avril 2012

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Nous n'avons pas abordé ce sujet avec Jean Tardieu mais dans un ouvrage consacré aux chats d'écrivains, il évoque le sien devant qui il n'osait pas se montrer en caleçon !

Écrit par : Christian Cottet-Emard | 30 avril 2012

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