28 avril 2026
Le premier roman de Jacki Maréchal

Jacki Maréchal. Cinq notes secrètes, roman. 2026. 230 p., 15 €.
Cinq notes secrètes n’est pas l’œuvre d’un débutant en littérature, même si Jacki Maréchal affirme le contraire et même s’il s’agit d’un premier roman.
J’ai toujours connu Jacki en lien direct avec le livre et l’écriture. Lorsqu’il s’essayait au commerce d'ouvrages d’occasion, Jacki conviait déjà dans son magasin les littéraires locaux à des lectures en public auxquelles il participait lui-même. À cette époque, les années 80, il explorait la forme brève, ce qui le conduisit tout naturellement à publier bien plus tard, en 2016, son recueil de haïkus Ceci est un nuage. On se souvient aussi de L’économie du voyage, une fiction entre nouvelle et conte onirique et de Peindre la mer, un bref et poétique carnet d’artiste, deux livrets dans lesquels se déployaient déjà le style d’écriture de Jacki, sa marque personnelle, sa vision du monde, sa technique narrative, en résumé tout ce qui est le propre d’un écrivain.
Connaissant donc depuis longtemps la proximité de Jacki avec l’art littéraire, je peux cependant constater qu’il a encore réussi à me surprendre avec ses Cinq notes secrètes, non seulement par le choix de son sujet, une ample fresque courant sur une vie, mais encore par le style de narration romanesque classique qu’il a adopté.
Il en résulte un vrai roman à la fois exigeant et populaire, fidèle aux lois du genre : épaisseur des personnages (en plus des deux principaux, quatre beaux portraits de femmes), travail sur le contexte historique et politique (le début du vingtième siècle), progression de l’histoire (à travers l’amitié de deux amis aux tempéraments différents voire opposés, Jules avec sa conscience politique et François, accordéoniste virtuose) puis dénouement brutal (avec la chute des illusions d’une époque qui se voulut belle jusqu’à son aveuglement aboutissant à l’effondrement civilisationnel de la Grande Guerre).
Au-delà de ce dénouement qui court à un rythme haletant dans la dernière partie avec des épisodes dignes d’un Maurice Genevoix dans la description de l’horreur et de l’absurdité des combats dans les tranchées, la fin nous apporte aussi une ultime révélation sur l’identité de François et son lien avec l’auteur.
L’accordéon de François a traversé le temps. Ses fragiles mais têtues cinq notes de musique témoignent de la véritable humanité, celle qui garde ses racines d’enfance et qui fait corps avec la nature (Jacki excelle dans son évocation tant en peinture qu’en une écriture à la fois sensuelle et dynamique) et qui s’incarne dans le destin normalement idéal de tous les hommes et de toutes les femmes, une vie nourrie de la lumière du monde. S’il fallait trouver un message dans l’œuvre d’artiste et d’écrivain de Jacki, c’est bien en dégustant ces Cinq notes secrètes comme un vif vin de soif qu’on y parviendrait.
Christian Cottet-Emard
01:03 Publié dans Livre, Service de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinq notes secrètes, roman, jacki maréchal, littérature, édition, parution, blog littéraire de christian cottet-emard
29 mars 2026
Aujourd'hui, les Rameaux
En musique (cliquer sur le titre qui suit) : J.S.Bach, BWV 182 "Himmelskönig, sei willkommen !"

Giotto : L'entrée solennelle de Jésus-Christ à Jérusalem
10:03 Publié dans Occident | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dimanche des rameaux, fêtes chrétiennes, église catholique, rameaux, blog littéraire de christian cottet-emard, occident, culture chrétienne
27 mars 2026
Carnet / Une leçon de Venise
Venise, années 80, en attendant le dernier vaporetto du soir. (photo M.)
Venise est bien sûr la ville de ce que j’appelle des moments à poèmes, ces étranges épiphanies somme toute assez rares dans une vie et qui surviennent aussi dans les endroits les plus inattendus. L’une d’elles a saisi le jeune homme flottant dans un imperméable gris à la mode des années 80 que j’étais ce soir-là dans un arrêt de vaporetto.
À l’intérieur de ces petites stations flottantes reliées au quai par une passerelle, règne à cette heure tardive une atmosphère d’atelier où l’on a oublié d’éteindre les néons.
C’est pourtant bien à l’éclairage jaunâtre des ateliers d’usine de ma bourgade d’origine, Oyonnax, que je pensais malgré moi avant d’entendre le moteur du vaporetto et le clapot sur sa coque.
Je ne sais pas précisément pourquoi cette pensée m’a rempli d’une joie aussi intense dans cet abri bercé par l’onde du canal et dont les vitres exposées aux embruns me renvoyaient le pâle reflet d’un jeune touriste insignifiant qui se prenait pour un roi du monde au seul prétexte qu’il était à Venise au lieu de croupir dans son lycée vétuste puis dans les locaux blafards de l’industrie où risquaient de déboucher des études trop tôt interrompues.
Je suis au moins certain qu’en ce qui me concerne, mon obsession de Venise n’est pas pour rien dans la chance qui m’a permis d’éviter ce funeste destin. Il ne s’agissait pourtant que de monter dans le dernier vaporetto du soir, celui qui, cependant, ne risque pas de vous emmener là où vous ne voulez pas aller.
Extrait de mon livre L'Italie promise © Club et éditions Orage-Lagune-Express 2023.

Pour les personnes d'Oyonnax et sa région, ce livre est en vente au kiosque de l'hôpital d'Oyonnax. Il est aussi disponible au prêt à la médiathèque municipale d'Oyonnax.
Les services de presse sont à demander par mail à : contact.ccottetemard@yahoo.fr
Quatrième de couverture :
L'Italie promise est une collection de moments suspendus dans le temps qui se sont imprimés dans mon esprit tels des instantanés photographiques. Si ces pages que je souhaite légères et divertissantes peuvent être lues comme on dégusterait une coupe de champagne, ou mieux en l’occurrence, de prosecco, j’estimerai mon but atteint et la terre promise de ma petite Italie portative partagée.
ASIN : B0C2SG2F2Z
Éditeur : Orage-Lagune-Express (diffusion Independently published, 24 avril 2023)
Langue : Français
Broché : 122 pages
ISBN-13 : 979-8392391752
Poids de l'article : 159 g
Dimensions : 11 x 0.79 x 18.01 cm (poche)
Prix : 10,55 €
Par correspondance : ici
01:03 Publié dans carnet | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : carnet, note, journal, voyage, venise, italie, tourisme, italie promise, vénétie, blog littéraire de christian cottet-emard, vaporetto, christian cottet-emard, station vaporetto, arrêt vaporetto, canal, attente, atelier de fabrique, usine, clapot, moment à poème, épiphanies, année 80, vingtième siècle, souvenir, photo souvenir, l'italie promise, orage lagune express éditions





























