01 avril 2013
Joyeuses Pâques (extraits)
Avant de partir au feu la Une d’un Monde datant des Rameaux avec « une image du rayonnement primordial de l’Univers prise par le satellite européen Planck » on dirait une pomme de terre ou un œuf de Pâques en chocolat « C’Était L’UNIVERS IL Y A 13,8 MILLIARDS D’ANNÉES ni étoile ni galaxie mais des particules microscopiques des électrons et des protons »
À l’école Jeanne d’Arc et au collège Saint-Joseph il était interdit d’écrire « il y a » dans les rédactions mais qu’importe étant donné qu’aujourd’hui c’est une autre affaire « des images inédites du satellite Planck dévoilent l’enfance du monde »
Que l’enfance du monde ressemble à un œuf en chocolat voilà une pensée amusante pour le jour de Pâques une pensée d’enfant mais qui t’attriste désormais car aujourd’hui tu n’es plus qu’un homme perplexe qui allume sans conviction des veilleuses et des cierges dans les églises juste pour le plaisir de voir danser une petite flamme dans l’ombre ainsi soit-il
Qu’est-il arrivé pour qu’il en soit ainsi peu de choses finalement à part la vaillante petite flamme de la bougie
La pauvre Laïka abandonnée sur Terre comme au Ciel et propulsée pour son plus grand malheur Héroïne Nationale pourquoi
Pour que les descendants de Spoutnik puissent photographier ce qui n’existe déjà plus depuis l’éternité des éternités humaines quelques excréments humains sur la lune de la ferraille sur Mars et Planck fixant « l’enfance du monde » au profit de la Communauté européenne et de ses journalistes poètes à leurs heures
Un roi de France neurasthénique qui demandait à un astronome ce qu’il y avait derrière les mondes révélés par sa lunette et l’astronome de répondre sans doute d’autres mondes Majesté et probablement derrière ces autres mondes encore d’autres mondes
Et contre cette angoisse gigogne aujourd’hui comme au temps du roi cafardeux toujours pas d’autre remède que le pascalien pari en ce week-end pascal reportant au lundi le syndrome du dimanche soir
© Éditions Orage-Lagune-Express, 2013. Droits réservés.
Lien sonore : signal de Spoutnik.
18:18 Publié dans Estime-toi heureux | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pâques, planck, astronomie, particule, électron, proton, communauté européenne, europe, satellite, spoutnik, laïka, cosmos, espace, conquête spatiale, étoile, galaxie, univers, lune, mars, chocolat, syndrome du dimanche soir, le monde, journal le monde, blog littéraire de christian cottet-emard, récit des lisières, bougie, flamme, église, éditions orage-lagune-express, droits réservés, rayonnement primordial de l'univers
29 avril 2011
Voyage musical dans l'Europe baroque
Communiqué
Le samedi 30 avril à 20h30 en l'église de Chambéria (Jura) aura lieu un concert flûte à bec, violon et clavecin « Voyage musical dans l'Europe baroque » avec Elisabeth Kwiatowski, Mathilde Convert et Olivier Leguay. Au programme, des œuvres de Biber, Marcello, Telemann, Van Eyck.
Ce concert est organisé par les Amis de l'église de St Hymetière.
Chambéria se trouve sur la D109 entre Arinthod et Orgelet.
Une libre participation aux frais sera demandée.
Photos : Olivier Leguay (clavecin), Mathilde Convert (violon), Elisabeth Kwiatowski (flûte à bec) lors du 2ème festival Chromatica qui s'est déroulé les 16 et 17 avril 2011 dans l'atelier du peintre Jacki Maréchal, à Oyonnax.
01:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : église, chambéria, concert, flûte à bec, violon, clavecin, europe, baroque, elisabeth kwiatowski, mathilde convert, olivier leguay, st hymetière, jura, franche-comté
22 novembre 2007
Le traité est mort, vive le traité !
Pelotonné au fond de la banquette d’un train de l’Est européen, l’écrivain dilettante Christian Cottet-Emard grignotait quelques chips rances qui lui restaient de son précédent voyage.
Lui qui, dans une autre vie, n’avait jamais quitté ses chères forêts d’épicéas et qui se sentait en terre étrangère à moins de quinze kilomètres de son domicile, était devenu par la force des choses un véritable nomade, un écrivain voyageur forcé en quelque sorte. Par la vitre poisseuse, les confins grisâtres des plaines de l’Europe défilaient sans attirer le regard des autres voyageurs parce qu’ils connaissaient désormais ce paysage par cœur et qu’ils dormaient d’un sommeil accablé par toutes ces journées et ces nuits de transport ajoutées à ces longues semaines de travail sous des cieux si éloignés de leurs terres natales respectives qu’ils en devenaient abstraits pour ne pas dire absurdes.
À chaque frontière qu’il parvenait encore à identifier, Christian Cottet-Emard essayait de deviner dans quel pays roulait le train mais il n’y parvenait pas toujours car le paysage était partout le même, un long ruban de zones industrielles puantes que seules les montagnes aujourd’hui privées de leurs neiges éternelles arrivaient encore à interrompre. Parfois, le train s’arrêtait dans des villes inconnues et chargeait des bataillons de travailleurs hâves qui tentaient, comme Christian Cottet-Emard, de profiter de l’unique jour férié européen, lequel, cette année, tombait un vendredi, ce qui permettait de jouir d’un grand week-end, comme dans l’ancien temps. Grâce à cette incroyable aubaine, il allait pouvoir passer un après-midi avec sa famille au bord du lac Genin, au milieu des belles forêts des temps heureux, avant de repartir pour deux jours de train en espérant arriver à l’heure au boulot.
Lorsqu’il travaillait encore dans sa petite ville française, Christian Cottet-Emard mettait à peine cinq minutes pour aller se promener dans la forêt. Après, il rentrait à la maison pour déjeuner puis se rendait à pied à son travail qu’il se payait le luxe d’exercer à temps partiel pour pouvoir continuer d’écrire ses livres en paix. Mais cette époque était bien révolue et comme il ne pouvait pas vivre de sa plume, l’écrivain du dimanche n’avait eu d’autre choix que de se conformer à l’injonction du SMO (Service de la Mobilité Obligatoire) qui s’occupait du reclassement en Roumanie des malchanceux qui s’étaient fait piquer leur emploi par un ordinateur indien ou chinois. Ainsi Christian Cottet-Emard parcourait-il l’heureuse Europe de ce 21ème siècle sillonnée en long et en large par des convois de travailleurs hagards comme elle l’avait été, au début du siècle précédent, par des trains bondés de soldats promis au casse-pipe.
Heureusement, Christian Cottet-Emard approchait de ses 80 ans et il allait bientôt pouvoir, dans dix ans, faire valoir ses droits à la retraite, période bénie durant laquelle un copain du club du quatrième âge cognerait son fauteuil roulant au sien en lui demandant : tu écris toujours ?
Eh ! Christian ! Réveille-toi ! Mais réveille-toi ! Ce n’est rien, calme-toi... Ce n’est qu’un cauchemar. Tu as encore trop mangé hier soir ! me dit mon épouse. Ben oui, j’ai trop mangé mais surtout, j’ai encore rêvé que le « oui » l’avait emporté lors du référendum français sur le traité établissant une constitution pour l’Europe. Le pire, c’est qu’en revenant troubler mon sommeil en 2007, ce mauvais rêve est rythmé par une voix qui scande, narquoise : « le traité est mort, vive le traité ! »
01:36 Publié dans Et à part ça ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Europe, retraites, politique, traité, constitution européenne, référendum, fiction





























