02 novembre 2008
Qu’un oiseau, qu’un simple oiseau
— une seule pie — soit dépositaire du vol, du franchissement du monde auquel je suis, moi, jeune humain, rivé, n’est-ce pas incroyable ?
Les formes de vie les plus infortunées pourraient se gausser de mon absence de libre arbitre, jusqu’au voile de Chine qui tourne dans son bocal sur le comptoir du buffet de la gare.
La seule distraction de cet être étrange, au milieu de ses huit cailloux, se résume aux variations du jour. Il s’en contente cependant car la porte-tambour qui déroule son ruban d’aigres voyageurs ne signifie rien pour lui.
Pour moi, en revanche, cette porte peut s’avérer lourde de menaces ou claquante d’espoirs selon le sens dans lequel elle bascule.
Extrait de : Le Grand variable, éditions Éditinter, épuisé.
Dessin de Frédéric Guenot.
12:52 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : le grand variable, littérature, voile de chine, pie, gare, buffet
19 octobre 2008
Si souvent vérifié :
« L'absence de but mène droit au but, alors qu'une ferme intention, souvent, fait passer à côté du but. »
- Robert Walser (1878-1956) -
00:32 Publié dans Alliés substantiels | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : walser, citation, littérature, suisse
25 septembre 2008
Tu écris toujours ? (46)
Conseils aux écrivains allergiques à la rentrée
L’odeur de l’encre fraîche vous évoque plus votre entrée au cours préparatoire que la réception de vos premiers exemplaires d’auteur. Les jurys littéraires embusqués derrière leurs piles de livres vous suggèrent la distribution des prix où vous faisiez de la figuration. Le jeune romancier débutant vous rappelle la face de lune du premier de la classe et le vieux débutant le rictus de caïman de votre plus sadique instituteur. Le passage à la télé ravive le souvenir cuisant de l’appel au tableau et la séance de dédicace réveille la hantise du cahier à rendre signé. Pas de doute, vous êtes un grand traumatisé.
Vous n’aimez pas la rentrée ? Moi non plus. Dès ma première heure de classe maternelle, j’ai tout de suite compris que je préférerai toujours la sortie.
Selon l’écrivain que vous êtes, les solutions pour échapper à la rentrée diffèrent...
(La suite dans le Magazine des livres n°12 qui vient de sortir en kiosques.)
* Note aux lecteurs du magazine : cet épisode du feuilleton ayant malencontreusement reçu le titre de l’épisode précédent, les lecteurs rectifieront d’eux-mêmes en consultant le sommaire du magazine. Voilà ce que c’est que de mettre la titraille au frais pour la prochaine édition. Enfin, cela me rappelle mes débuts dans la presse...
19:57 Publié dans FEUILLETON : tu écris toujours ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : presse, feuilleton, magazine, blog, littérature, cottet-emard, journalisme