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17 novembre 2014

Rendez-vous à Pré Nuble (extrait)

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(Extrait de mon prochain recueil de nouvelles. Droits réservés. © CLJ pour cette version, décembre 2014).

14 novembre 2014

Un vent tiède gonflait comme une voile le rideau translucide de la bibliothèque

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Adossé au fauteuil assorti à son bureau massif, Andrade, seul dans la multitude des livres, s'abîmait dans la contemplation des jeux de l'air dans le tissu. Parfois, il allumait un cigare, juste pour le plaisir de prolonger ce spectacle grâce aux volutes qui s'étiraient mollement vers la fenêtre. La même pensée revint le visiter : s'il allait vivre jusqu'à quatre-vingts ans, il avait déjà parcouru un peu plus de la moitié du chemin. Mais bien sûr, rien ne permettait d'affirmer qu'il atteindrait une telle longévité, ce qui le conforta une fois de plus dans la certitude que ce qu'il avait désormais de mieux à faire ne consistait en rien d'autre qu'à se consacrer à l'observation de l'air.

(Extrait de mon prochain recueil de nouvelles. Droits réservés. © CLJ pour cette version, décembre 2014)

Peinture : Leon Wyczolkowski

09 septembre 2014

Extrait de mon prochain livre

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Antoine se perdait souvent dans la contemplation d’une tache contre le mur de son bureau, la trace d’une grosse araignée qu’il avait écrasée quelques années auparavant et qui était restée là, tel le morne trophée d’une demi-décennie d’assemblées générales et de collisions au carrefour. Le jour où la Rolls verte se gara devant l’agence du quotidien local où Antoine végétait dans un emploi de rédacteur photographe, un rayon de soleil estival éclairait crûment la tache. La secrétaire indiqua le bureau d’Antoine à un jeune couple puis se déplaça en direction de la vitrine pour admirer la Rolls verte au volant de laquelle patientait un chauffeur. Sans chauffeur, une Rolls n’est pas tout à fait une Rolls, pensa Antoine à ce moment-là. Le jeune couple qui avait trouvé porte close à l’Office de tourisme voisin de l’agence cherchait à rejoindre une direction qu’il était impossible d’indiquer clairement en raison du plan de circulation complexe récemment inauguré. Pendant qu’Antoine réfléchissait au moyen de renseigner les visiteurs, ils se chamaillèrent un peu à propos de l’heure à laquelle ils devaient se présenter là où ils étaient attendus. Antoine apprit ainsi qu’ils s’appelaient Ricardo et Rozana. Ricardo était un jeune homme brun au teint mat et Rozana une jolie rousse aux yeux verts. Sa beauté espiègle fut sans doute pour quelque chose dans la décision d’Antoine de les accompagner pour les emmener sur la bonne route. Au volant de son Ami 6 exténuée, Antoine avait du mal à quitter des yeux le rétroviseur qui encadrait l’image de la Rolls verte glissant dans les rues désertes du centre ville. À l’embranchement, Antoine fit demi-tour et indiqua d’un geste la nouvelle direction. Ricardo et Rozana le remercièrent par de grands signes de la main. De retour à l’agence, songeur, Antoine passa le reste de l’après-midi à bavarder avec la secrétaire sur le thème de la Rolls verte. Antoine n’y entendait rien en voitures mais un pigiste qui collectait des résultats sportifs assura qu’il s’agissait d’une Rolls Corniche, probablement un modèle datant de 1971.

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