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14 avril 2020

Atelier / Début d'une nouvelle en cours d'écriture

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Deux vieux amis buvaient du Porto et discutaient de littérature russe, en particulier d'Ivan Gontcharov. L’un était éditeur, professionnel et dynamique, l’autre était auteur, dilettante et paresseux. Tu devrais écrire tes souvenirs d’enfance, dit le premier. Pour toute réponse, l’auteur bailla et fit un micro sommeil. Énervé, l’éditeur se leva, finit son verre cul-sec et quitta le salon en grommelant Oblomovchtchina !

 

12 avril 2020

Pâques (avec Mahler et Klopstock)

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- Gustav Mahler (1860-1911) : final de la deuxième symphonie « Résurrection » sur l'ode Ressusciter de Friedrich Gottlieb Klopstock (1724-1803), interprété aux BBC Proms à Londres par Gustavo Dudamel.

- L'intégralité de la symphonie encore dirigée par Gustavo Dudamel au Palau de la Música Catalana à Barcelone. (Pour lire le texte de l'ode de Klopstock dans le final en sous-titre en français, aller à 1h15).

 

Texte : l'ode « Ressusciter » de Klopstock dans le final de la symphonie :

Tu ressusciteras, oui, tu ressusciteras,
Ma poussière, après un court repos !
La vie immortelle
Te sera donnée par Celui qui t’a appelée !
Tu es semée pour fleurir de nouveau !
Le Seigneur de la moisson va
Ramasser des gerbes
De nous, qui sommes morts !
Oh crois, mon cœur, crois :
Tu n’auras rien de perdu !
Ce que tu as désiré est à toi, à toi, oui, à toi !
À toi, ce que tu as aimé et ce pour quoi tu t’es battu !
Oh, crois : tu n’es pas né en vain !
Tu n’as pas vécu ni souffert en vain !
Tout ce qui est advenu doit passer
Et ce qui est passé, ressusciter !
Cesse de trembler !
Prépare-toi à vivre !
Ô douleur, toi qui pénètres en toute chose,
Je t’ai échappé !
Ô mort, toi qui conquiers tout,
Tu es maintenant conquise !
Avec des ailes que j’ai gagnées
Dans le chaud élan de l’amour
Je m’envolerai
Vers la lumière qu’aucun œil n’a pénétrée !
Je mourrai afin de vivre !
Tu ressusciteras, oui, tu ressusciteras,
Mon cœur, en un instant !
Ce que tu as vaincu
Te portera vers Dieu !
- Friedrich Gottlieb Klopstock -

 

 

 

 

 

10 avril 2020

Carnet / Ténèbres et lumières de Pâques

La remise en ligne de ce texte écrit en 2014 risque d'agacer ceux qui l'ont déjà lu à plusieurs reprises ici et dans mon livre Prairie Journal (page 183) mais les statistiques de fréquentation de ce blog indiquent une augmentation récente et notable du nombre de lecteurs et de lectrices. Qu'on veuille donc bien me pardonner cette « rediffusion » . 

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J’ai été élevé dans une pratique religieuse assez libre (j’ai pu sécher le catéchisme en toute impunité en usant d’un petit tour de passe-passe significatif du don précoce que j’ai entretenu dès l’enfance pour les comportements d’évitement et de fuite). Je suis aussi un rejeton de l’époque Vatican II et je n’ai donc pas particulièrement souffert du poids de la religion dans ma vie quotidienne. L’avantage est que je n’ai pas été obligé de rejeter ma culture chrétienne pour me construire.

Plus prosaïquement, Pâques était aussi pour moi une ambiance. Le jeudi en revenant de l’école Jeanne d'Arc et en m’attardant sous le porche de l’église Saint-Léger d'Oyonnax, je me rappelais avoir entendu parler d’un mystérieux Office des Ténèbres dont la seule appellation résonnait en moi de sinistre manière et enflammait mon imagination qui partait au quart de tour pour beaucoup moins que cela.

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Ténébreux, le vendredi saint l’était aussi presque toujours et commençait chaque année par la phrase rituelle de ma grand-mère maternelle : « un vrai temps de vendredi saint aujourd’hui ! » De fait, je ne me souviens pas d’un vendredi saint ensoleillé, juste du sombre, du gris anthracite, le printemps subitement recouvert d’un voile noir et la nuit épaisse où, petit garçon inquiet, j’entrais sans comprendre ce qui avait bien pu peser si lourd sur le monde ce jour-là.

Le lendemain, samedi saint : jour silencieux, perplexe, jour d’attente. Pas de cloches. Parties à Rome me disait-on. Et enfin le dimanche, de nouveau les cloches, retour de Rome à toute volée, parfois dans les flocons, parfois dans les fleurs et, plus rarement mais dans quelle allégresse, dans la puissante respiration du fœhn trousseur de tulipes et de violettes.pâques,jeudi saint,vendredi saint,samedi saint,ténèbres,office des ténèbres,blog littéraire de christian cottet-emard,œuf de pâques,chasse aux œufs,grande pâque russe,nicolaï Rimsky-korsakov,musique,église saint léger,oyonnax,école jeanne d'arc,fête chrétienne,pascal,tristesse de l'homme sans dieu,agnostique,agnosticisme,printemps,nuit,cloche,départ des cloches,retour des cloches,rome,enfance,souvenir,carnet,journal,note

Le petit garçon anxieux se levait ce matin-là le cœur plus léger car en se réveillant au son de La Grande Pâque russe de Nicolaï Andreïevitch Rimsky-Korsakov, il avait entendu parler d’une étrange victoire de la vie sur la mort et, pour fêter ce prodige, d’une pluie d’œufs en chocolat dans le jardin.

Pâques : quelle aventure !

 

Photos : - vu depuis ma fenêtre tôt le matin, coucher de lune au-dessus de la petite église de campagne

- La Grande Pâque russe en 33 tours !