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06 mai 2020

Carnet / Nachtmusik

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Chez moi, nuitamment.

(En écoutant la Nachtmusik de la septième symphonie de Gustav Mahler)

Après le bref orage, clair de lune vaporeux ce soir. Les toits mouillés des maisons voisines luisent sous la clarté opalescente des moutonnements de nuages qui semblent agrandir à l’infini le ciel laiteux. Des voiles de vapeur parfumée à l’iris et au lilas montent des herbes trempées et se dispersent dans les haies froissées d’une aile d’oiseau au sommeil troublé.

La nuit légère d’un beau printemps ignore les inquiétudes et les tourments humains mais serait-elle aussi réelle si aucun regard conscient ne pouvait la contempler afin d’en concevoir des tableaux, des musiques, des poèmes ou de simples rêveries ?

***

Au cours de ma vie principalement organisée en privilégiant la sécurité, le calme et le retrait, il s’est passé plus de choses extraordinaires, inexplicables et inattendues que dans les récits de fiction les plus débridés. J’ai toujours ce constat à l’esprit lorsque je travaille à l’écriture romanesque et je me demande même pourquoi j’éprouve le besoin d’écrire des histoires dans lesquelles tout ou presque est inventé. La réalité autobiographique est tellement plus subtile et plus riche que ce laborieux bricolage narratif qu’est le roman, à moins qu’on ne parle du roman historique et des grandes fresques sociales que je ne pratique pas.

***

Puisqu’on ne peut guère parcourir les chemins, on peut toujours voyager dans le temps, surtout dans le passé. Le véhicule est des plus simples, l’album des premières photos. Quelques pages tournées suffisent pour tisonner l’étonnement d’avoir été un bébé, un bambin puis, très vite, un gamin réservé et ombrageux.

On sort de l’enfance comme le loup du bois.

 

12 avril 2020

Pâques (avec Mahler et Klopstock)

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- Gustav Mahler (1860-1911) : final de la deuxième symphonie « Résurrection » sur l'ode Ressusciter de Friedrich Gottlieb Klopstock (1724-1803), interprété aux BBC Proms à Londres par Gustavo Dudamel.

- L'intégralité de la symphonie encore dirigée par Gustavo Dudamel au Palau de la Música Catalana à Barcelone. (Pour lire le texte de l'ode de Klopstock dans le final en sous-titre en français, aller à 1h15).

 

Texte : l'ode « Ressusciter » de Klopstock dans le final de la symphonie :

Tu ressusciteras, oui, tu ressusciteras,
Ma poussière, après un court repos !
La vie immortelle
Te sera donnée par Celui qui t’a appelée !
Tu es semée pour fleurir de nouveau !
Le Seigneur de la moisson va
Ramasser des gerbes
De nous, qui sommes morts !
Oh crois, mon cœur, crois :
Tu n’auras rien de perdu !
Ce que tu as désiré est à toi, à toi, oui, à toi !
À toi, ce que tu as aimé et ce pour quoi tu t’es battu !
Oh, crois : tu n’es pas né en vain !
Tu n’as pas vécu ni souffert en vain !
Tout ce qui est advenu doit passer
Et ce qui est passé, ressusciter !
Cesse de trembler !
Prépare-toi à vivre !
Ô douleur, toi qui pénètres en toute chose,
Je t’ai échappé !
Ô mort, toi qui conquiers tout,
Tu es maintenant conquise !
Avec des ailes que j’ai gagnées
Dans le chaud élan de l’amour
Je m’envolerai
Vers la lumière qu’aucun œil n’a pénétrée !
Je mourrai afin de vivre !
Tu ressusciteras, oui, tu ressusciteras,
Mon cœur, en un instant !
Ce que tu as vaincu
Te portera vers Dieu !
- Friedrich Gottlieb Klopstock -

 

 

 

 

 

22 novembre 2019

Alliés substantiels

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Le vieux Leos Janacek fait ses yeux d’enfant.

Sir Edward Elgar n’a fermé que le premier bouton de sa veste pour éviter les faux plis.

André Breton a su s’attirer les bonnes grâces des ombres.

Nicolaï Rimski-Korsakov se barbe devant l’objectif.

Aaron Copland esquisse un sourire penché.

Igor Stravinsky et Benny Goodman éclatent de rire.

Heitor Villa-Lobos fume comme « le petit train du paysan brésilien ».

Michel Simon avec la perruche Lolita sur son épaule se fait remonter les bretelles par « la très jalouse Léontine » (mainate).

Federico Fellini crie « moteur ! » sous son chapeau de paille.

Le vieux treillis de René Char fait de la résistance.

Gustav Mahler a un pétard dans le cheveux.