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25 novembre 2021

Dans l'actualité :

Michel Maffesoli  reçu par André Bercoff sur Sud radio :
« Cette tyrannie sanitaire ne fait plus vraiment recette » .
 
 

10 septembre 2020

Des amis avec un gros chien noir

Je remets en ligne cette nouvelle écrite à la suite d'un cauchemar que la récente actualité m'a rappelé.

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(Nouvelle publiée dans la revue La Presse littéraire n° 5) En illustration, Silver Moonlight, 1880, de John Atkinson Grimshaw (1836-1893). © Christian Cottet-Emard et revue La Presse littéraire. Droits réservés.

 

1

En chemin vers son domicile, Earl Lediable leva les yeux en direction du crépuscule et constata que les nuages avançaient vite. Hormis un changement de temps, que pouvait signifier l’avance rapide des nuages ? Rien, probablement. Et d’abord cette vapeur d’eau, avance-t-elle ou recule-t-elle ? Le monde est indéchiffrable pensa Earl Lediable, sans pour autant juger utile de formuler cette pensée en une réflexion construite, et il continua sa route vers l’invisible horizon dissimulé par les autos en stationnement et les constructions de la ville. Malgré le claquement de ses talons qui indiquait un sol dur et stable, il marchait dans l’univers des nuées, les altostratus violets au-dessus de sa tête et, à l’intérieur de son crâne, ses pensées confuses. Tout de même, il avait nettement conscience que tout cela ne pesait pas lourd et qu’il y avait là au moins une certitude. Le temps de laisser enfler puis s’évaporer d’autres songeries du même style dans son esprit, Earl Lediable l’employa aussi à repérer la nuit qui s’avançait au ralenti telle une grosse locomotive arrivant à quai dans un concert de soupirs feutrés. L’entrée de sa maison apparut alors dans le tressaillement des ampoules de l’éclairage public mais lorsqu’il voulut franchir le seuil, son regard buta sur un gros chien noir, patibulaire, vautré devant la porte d’entrée. Lorsqu’il fit mine de l’enjamber, le chien retroussa les babines, grogna et montra les dents. À la deuxième tentative, le chien dressa les oreilles et grogna plus fort. Earl Lediable préféra ne pas insister et décida d’aller prendre l’apéritif chez ses amis. Il les trouva comme toujours, à cette heure-là, les femmes tentant d’empêcher des bambins surexcités de renverser les verres de leurs hommes bien partis pour se quereller à propos de ballons et d’arbitres. Ils éclatèrent tous de rire quand Earl Lediable leur eut expliqué qu’un molosse noir l’empêchait d’ouvrir sa porte en lui barrant le chemin. Il contempla ces gens qui riaient de sa mésaventure, ses amis, leurs bouches, celles des femmes avec des traces de rouge à lèvre sur les dents, et celles des hommes qui évacuaient des quantités variables de fumée dans la figure de leur progéniture gonflée de chips et de biscuits salés. Il avait pour amis cette bande de crétins mais puisqu’il se considérait lui-même comme un crétin, il n’avait pas de raison de se plaindre et il se mit à rire lui aussi pour ne plus avoir peur et pour éloigner l’idée du chaos et de la fin du monde civilisé.

2

Peu avant minuit, malgré l’odeur qui l’incommodait, Earl Lediable finit par renoncer à fouiller chaque recoin de sa maison. Il se prépara pour se coucher, inspecta une dernière fois la salle de bain sinistre mais d’une méticuleuse propreté et s’assit, découragé, sur le bord de la baignoire. Son regard balaya le carrelage et s’arrêta sur la corbeille à linge sale. Il espéra un instant y trouver l’explication de ces effluves tout en sachant qu’il ne laissait jamais attendre du linge de corps plus d’une demi-journée avant de le passer à la machine et que de toute façon, la capacité de nuisance d'un vieux torchon ayant éventuellement moisi entre le mur et la corbeille ne pouvait s’étendre à toute la maison, de la cave au grenier. Or, l’odeur s’insinuait partout, jusque dans les placards, y compris ceux de la chambre où il avait pourtant pris soin d’intercaler des tablettes et des boules en bois de cèdre imbibées d’huiles essentielles entre les piles de draps et les taies d’oreillers. Quant aux sachets de naphtaline suspendus aux cintres dans la penderie, leur relent désagréable mais rassurant se trouvait désormais absorbé, recouvert, vaincu par quelque chose de plus puissant, de plus insistant, de plus concentré. Lassé d'avoir déplacé son maigre corps dégingandé d’un escalier à l’autre, le nez en l’air, ayant humé halls et couloirs, flairé pitoyablement planchers et moquettes, fauteuils et vieux coussins, Earl Lediable ouvrit une fenêtre avec l’ultime idée, pourtant évidente et qu’il avait négligée : si rien ne pouvait puer à l’intérieur de son logement, cela pouvait venir de l’extérieur, sans doute de la zone industrielle où l’on ne se privait pas, de temps en temps, d’envoyer dans l’atmosphère quelques miasmes en toute impunité. Il respira l’air de la nuit mais n’y détecta rien d’autre que le parfum des feuillages d’automne. Il se souvint aussi que les puanteurs lâchées par les usines se déclinaient presque toutes dans une dominante de pisse de chat alors que ce qui lui emplissait en ce moment les narines évoquait plutôt la dégradation d’une puissante sueur. Il frémit alors à la pensée d’une présence étrangère dans la maison mais se rassura vite en se rappelant qu’il venait d’en inspecter chaque mètre carré. Sur la table de nuit, le cadran du réveil lui indiqua qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps pour dormir. Il s’allongea, remonta haut les couvertures, éteignit et renifla. L’air sentait vraiment mauvais. Étrange soirée ! Et ce chien sur le paillasson... Heureusement, il avait déguerpi et ce n’était pas cet animal qui avait pu ainsi empester toute la baraque puisqu’il n’y avait pas pénétré.

3

Le lendemain, Earl Lediable crut bien commencer la journée. La chambre s’emplissait de l’engageant arôme diffusé par la cafetière programmable et les rais de lumière filtrée par le store vénitien sur le mur blanc révélaient un matin clair. Plus aucune mauvaise odeur ne subsistait. Dehors, sur le chemin du bureau, le ciel s’assombrit très vite et Earl Lediable n’aima pas sa tête entrevue dans le rétroviseur d’un camion en stationnement. Le café n’avait pas suffi à le réveiller suffisamment pour qu’il puisse faire illusion sous le feu des regards hostiles de ses collègues qui le jugeaient mou et négligé. Il n’avait pas pris le temps de se raser afin de gagner quelques minutes de sommeil en plus après sa nuit écourtée. Au travail, il se fit encore un peu plus petit que d’habitude et compta les heures entre plusieurs stations prolongées aux toilettes. Peu après dix-huit heures, il ouvrait déjà sa porte, soulagé de pouvoir piétiner son paillasson sans en être dissuadé par l’animal qu’il considérait comme le plus répugnant de toute la création après l’homme : le chien.

4

Le soir, Earl Lediable consulta le programme de télévision et choisit un documentaire sur le sommeil. Comme il avait peu dormi la nuit précédente et qu’il s’était goinfré de charcuterie arrosée d’un épais vin rouge, il s’assoupit très vite devant l’écran. Lorsqu’il émergea de sa torpeur digestive, le documentaire montrait des dormeurs qui avaient été filmés pendant leur sommeil avec une caméra infrarouge et le résultat était effrayant. On les voyait s’agiter, se découvrir ou se dresser sur leur lit les yeux ouverts et le regard fixe. Certains se levaient et se déplaçaient avec frénésie dans la chambre dont ils cherchaient la porte pour sortir sans pour autant y parvenir car ils se trompaient de direction et se retrouvaient face au mur, loquetant dans le vide tels des idiots ou des fous. Déprimé par ces images, Earl Lediable éteignit le poste et se coucha en espérant ne pas mener la même sarabande nocturne que les dormeurs du documentaire. Le sommeil le prit et le projeta dans un rêve gigogne. « Je fais ce mauvais rêve parce que j’ai trop mangé », se disait-il au cœur de son rêve, « c’est ma faute, j’ai trop mangé, je suis le seul coupable... » et alors il rêvait qu’il ingurgitait des nourritures écœurantes et souillées, des viandes grouillantes d’asticots ou des fruits dans lesquels il mordait pendant que s’en échappaient de gros papillons aux corps velus. Haletant, il se réveilla en sursaut. Il avait cru entendre un grognement. Assis sur son lit, il tendit l’oreille le cœur battant. Des bruits étranges lui parvenaient sans qu’il puisse en déterminer la provenance. On aurait dit des pas très légers qui s’éloignaient puis se rapprochaient brusquement. Lorsqu’il voulut éclairer la lampe de chevet, l’ampoule grilla. Il saisit alors la lampe torche qu’il gardait dans la table de nuit en prévision des orages qui coupent le courant et entreprit de descendre au rez de chaussée. Dans l’escalier, il appuya sur l’interrupteur qui commandait deux ampoules dont aucune ne fonctionna. Le grognement, ce devait être le grondement d’un orage, et l’installation avait dû disjoncter. Il descendit l’escalier pour atteindre le hall où se trouvait le tableau électrique. D’une main il tenait la rampe et de l’autre il dirigeait le rayon de la torche. Arrivé en bas, il s’immobilisa un instant et écouta. Pas de tonnerre et pas d’éclairs mais de nouveaux bruits de déplacement, rapides, légers, impossibles à localiser. Balayant l’obscurité du faisceau de la torche, il marcha dans le hall d’entrée et ouvrit la porte de l’armoire électrique. Le disjoncteur était en position normale. Il commençait à réfléchir aux conséquences d’une panne sérieuse dans l’installation lorsqu’un choc retentit quelque part. Il braqua la lumière contre la porte d’accès au sous-sol où une salle de bain avait été aménagée. Il décida d’aller voir. Il en profiterait pour se passer un peu d’eau sur la figure. L’épouvante le paralysa dans l’escalier. Tout le sous-sol, occupé par une buanderie, une chambre d’amis, un couloir et la salle de bain, empestait le chien mouillé. L’odeur était aussi prégnante que si l’animal rôdait dans les parages. Un autre déplacement furtif se fit entendre. De frayeur, Earl Lediable lâcha la torche, trébucha dans l’escalier et faillit manquer les dernières marches après quoi il se précipita dans la salle de bain et tira le verrou.

5

La lumière matinale entrait par le soupirail donnant sur la rue. Earl Lediable se réveilla recroquevillé dans la baignoire et entreprit de se lever. Le téléphone sonnait au rez de chaussée. On devait déjà penser à tirer profit de son absence au bureau. Rassuré par le jour, il parvint au prix de quelques acrobaties à extraire son corps endolori de la baignoire. Il fixa quelques instants le verrou. Depuis le soupirail, il entendait passer des voitures dans la rue, ce qui l’encouragea à sortir de la salle de bain. Avant d’ouvrir, il pressa tout de même une oreille contre la porte et écouta. Puisqu’il n’entendait rien, il déverrouilla doucement et entrebâilla la porte. Le téléphone s’était arrêté de sonner. L’odeur de chien mouillé s’était dispersée mais il n’eut pas le temps de s’en réjouir. En montant l’escalier, il trébucha et sa main rencontra quelque chose qui traînait dans un recoin obscur, en bas d’une marche. Terrifié, il grimpa à toute vitesse jusqu’en haut de l’escalier, trébucha de nouveau et chuta la tête la première dans le hall où il examina en suffoquant ce qu’il tenait dans sa main, une touffe de poils de chien. Il demeura ainsi un moment, hébété de douleur, la lèvre fendue et la bouche en sang, puis il se leva brusquement, pris d’un accès de fureur, et se rua dans la cuisine où il saisit le grand couteau destiné à la découpe des viandes après quoi il pénétra avec frénésie dans toutes les pièces de la maison, bien décidé à débusquer le clébard et à lui mettre les tripes à l’air.

6

Lorsqu’il rentra chez lui, Earl Lediable estima qu’il fallait nettoyer de toute urgence. Le sous-sol ainsi que les marches de l’escalier étaient maculés de traces de sang séché. Malgré la fatigue que lui avait causé le trajet depuis le service des urgences de l’hôpital où on avait jugé qu’il était en état de regagner son domicile, il s’équipa d’un balai, d’une serpillière et remplit une bassine d’eau tiède dans laquelle il versa une dose de détergent. Il frotta le sol, essora la serpillière et recommença jusqu’à ce que le sang disparaisse. La tête lui tournait, ce qui le contraignit à interrompre son ménage. La vision de l’eau rougeâtre dans la bassine lui souleva le cœur. Il détourna les yeux et son regard s’arrêta sur une petite forme blanche, par terre, qui se confondait presque avec les plinthes. Une dent.

7

De violentes lueurs traversaient ses paupières closes et le goût du sang emplissait sa bouche. Earl Lediable se redressa, cracha une première fois, et s’allongea de nouveau. « On peut dire que vous vous êtes bien arrangé » commenta le dentiste. « Ce sera tout pour aujourd’hui. Devant, c’est plus compliqué. Il reste des morceaux d’incisive... Nous commencerons la semaine prochaine. » Earl Lediable n’avait plus qu’à rentrer se reposer mais il avait besoin de respirer et il fit un détour. Plus il s’éloignait du centre ville, moins les autos encombraient les trottoirs. Au coin d’une ruelle pavée, s’ouvrit brusquement la perspective d’une avenue déserte bordée de murs de brique. Le soleil couchant déchirait des pans de nuages mauves. Earl Lediable tendit la main vers un gros tronc de lierre dont les feuilles débordaient puis retombaient du côté de la rue. Un chat jaillit de ce chaos végétal et s’immobilisa sur le pilier d’un portail du haut duquel il souffla et feula. Plus loin, Earl Lediable longea un long mur de béton où était inscrit en immenses lettres noires AUTO-DÉMOLITION. Bientôt, la ligne droite de l’avenue se dispersa dans l’horizon du fleuve dont les quais suivaient le méandre. Frôlé par les ramures d’un vieux saule attaqué par mousses et lichens, Earl Lediable accéléra le pas. Une odeur chimique qui semblait provenir du fleuve le convainquit d’interrompre sa promenade. Il eut beau prendre un raccourci, il faisait déjà nuit lorsqu’il arriva devant sa porte. Il avait froid et mal aux dents mais un détail inhabituel le retint de tourner la clef dans la serrure. La fenêtre de la cuisine envoyait un halo de lumière sur le trottoir. Il s’approcha de la fenêtre et la première chose qu’il vit fut le reflet de son visage boursouflé et tuméfié. Il colla son front contre la vitre opaque de saleté et écarquilla les yeux en ouvrant sa bouche édentée. À l’intérieur, il vit ses amis qui s’esclaffaient, buvaient et s’empiffraient. Parfois, ils jetaient de gros morceaux de viande saignante au molosse qui bondissait la gueule béante pour les attraper et ils riaient encore à belles dents, sous les yeux inondés de larmes d’Earl Lediable atteint lui aussi par la contagion de ce rire enragé.

 

08 janvier 2020

Carnet / Sur l’affaire Matzneff

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Vu de la province, le petit monde littéraire parisien ressemble à un aquarium rempli de poissons exotiques. On les voit tourner, s’agiter, parader et frayer dans cet univers artificiel et confiné. Certains se mangent entre eux, d’autres sont coprophages et d’autres encore, trop délicats, meurent assez vite de se trouver perdus dans cet environnement hostile auquel ils sont inadaptés. Il en est au contraire qui prospèrent longtemps dans ces eaux peu fraîches, comme ces rustiques poissons rouges si parfaitement adaptés à un milieu pourtant stérile qu’ils trouvent moyen d’y vieillir jusqu’à en devenir les derniers spécimens.   

La mode de l’aquarium de poissons exotiques s’est démocratisée après 1968 dans les années 70 et 80 du siècle dernier en même temps que diverses formes de littérature se voulant révolutionnaires et transgressives, notamment dans le discours sur la sexualité.

Les livres de Gabriel Matzneff ont été publiés dans ce contexte tandis qu’on voyait sur les plateaux télévisés son visage de cire et qu’on entendait de sa voix monocorde le récit de son goût des aventures sexuelles licites et illicites l’entraînant aujourd’hui, des décennies après les faits, dans de gros ennuis au soir de sa vie.

Je sortais à peine du lycée de ma bourgade lorsque j’ai lu en diagonale quelques titres de Gabriel Matzneff achetés dans des librairies de livres d’occasion. L’étalage des mondanités et de l'activité sexuelle de Gab la rafale sur fond d’un Paris littéraire snob et moribond relevait déjà pour moi d’une de ces lectures documentaires qui nous font nous pencher un instant sur la vie étrange de peuplades lointaines dont nous préférons nous tenir à distance.

Si lire Matzneff dans son œuvre de diariste ne m’a pas rendu l’homme sympathique, notamment pour les méfaits qui lui sont reprochés maintenant, je n’ai en revanche rien à dire contre lui sur le plan littéraire et sur sa critique acérée de notre époque lamentable.

L’affaire Matzneff m’inspire deux questions : la première, pourquoi n’a-t-il pas été inquiété plus tôt au regard de la loi ? La seconde concerne le livre qui vient de paraître à son sujet : où étaient les parents de la jeune fille de quatorze ans au moment des faits ? La réponse est peut-être dans cet ouvrage que je n’ai pas lu et que je ne lirai que si on me le prête. Je ne souhaite pas l’acquérir car en dehors du témoignage auquel je n’ai aucune raison de douter à priori, je suis plus circonspect sur ce qui relève à l’évidence d’un coup d’édition parfaitement orchestré, entreprise à mes yeux toujours déplaisante voire rédhibitoire.

Ce qui est déplorable dans l’affaire Matzneff : en premier lieu, bien sûr, le comportement sexuel pervers d’un adulte avec des enfants et des pré-adolescents n’ayant pour certains pas atteint l’âge légal de la majorité sexuelle.

Mais aussi : l’attitude piteuse de ceux qui ont soutenu Matzneff sur le plan amical, financier et médiatique et qui le lâchent aujourd’hui sans états d’âme en jouant les vertueux repentants pour se mettre officiellement en conformité avec notre époque propice aux tentations de retour à une nouvelle forme d’ordre moral n’ayant rien à envier à celle qui a pourri la vie de générations entières. 

Il ne s’agit pas de cautionner les dérives hors la loi qui ont accompagné la libération sexuelle des années 70 mais de s’alarmer du danger que les nouveaux accès de fièvre moraline ne finissent par conforter dans son projet politique totalitaire le fanatisme religieux et meurtrier qui n’est plus seulement en embuscade mais dans un activisme ouvertement déclaré.

Il serait souhaitable qu’on mette autant d’énergie à opposer les rigueurs de la loi aussi bien à ceux qui appellent au meurtre dans leurs chansons et dans leurs prêches qu’à un homme certes pétri de turpitude mais âgé et affaibli sur qui il est commode de s’acharner en meutes en toute bonne conscience et sans prendre de grands risques.