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31 mars 2018

Samedi Saint

 

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29 mars 2018

Parution de la revue Instinct nomade à laquelle je collabore :

Revue Instinct nomade numéro 1: Jean Cocteau

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Instinct nomade n°1 Jean Cocteau l'enchanteur pourrissant, 198 pages / 12,00€.

   En 2018, il semblerait que publier une revue en version « papier » soit un non-sens au regard de l'instantanéité des réseaux sociaux. Si leur rôle est de créer des connexions entre les individus pour partager une photo ou un souvenir, ils ne sont pas capables de garder une trace durable, chaque nouveau post rejetant le précédent dans l'oubli. Sans faire un éloge de la lenteur, force est de constater que l'éternité demeure un privilège réservé au papier. Et c'est loin d'être un combat d'arrière-garde : aujourd'hui plus que jamais, la dynamique créée par une revue papier n'a aucune équivalence dans les mondes virtuels. Pour être efficace, nous avons choisi de constituer une équipe de rédaction très resserrée (dont les membres se comptent sur les doigts de la main) mais cela n'exclut pas – tout au contraire – les contributions en abondance venant de tous les horizons artistiques. Les éditions Germes de barbarie assurent l'impression et la diffusion. Pour respecter un rythme de parution semestriel un numéro sur deux sera une réédition d'un portrait d'écrivain paru durant les années 80 et 90 dans la revue Orage-Lagune-Express, tous épuisés à ce jour. De nouveaux textes enrichiront ces portraits tout en conservant l'esprit « pointilliste » qui était la marque de fabrique de cette revue. En alternance, paraîtront des numéros totalement inédits également divisés en deux parties distinctes : un dossier consacré à un écrivain, un peintre, un philosophe ou un cinéaste et une deuxième partie composée de textes inédits autour d'une thématique proposée à une dizaine de contributeurs triés sur le volet. Résolument ouverte sur le monde, notre revue brassera généreusement des textes et des œuvres d’écrivains, de peintres, de photographes, célèbres ou à découvrir, et analysera la production théâtrale, cinématographique, musicale, artistique, tout cela sans se prendre au sérieux.

*

   Si Cocteau s'est surexposé sa vie durant c'est sans doute parce qu'il aspirait à l'invisibilité. Et il a gagné son pari puisque si son nom est une marque universelle que nul n'ignore, sa poésie, elle, n'est lue que par un cercle restreint d'initiés. C'est donc un portrait « impressionniste » de Jean Cocteau réalisé à l'emporte-pièce par une douzaine de journalistes et d'écrivains (avec même le concours d'un avocat pour relire son testament) que nous vous proposons dans ce dossier. Comme la célèbre série de livres pour enfants (les Martine) vous pourrez découvrir : Cocteau à l'Académie, Cocteau à Venise, Cocteau et la publicité, Cocteau et le cinéma, Cocteau et la mort, Cocteau et l'an 2000, les roulottes  de Jean Cocteau, etc.  Et comme il avait aussi ses détracteurs, il nous a paru logique d'accueillir dans ces pages le point de vue de ceux qui ne l'aimaient pas : Autant-Lara, Mauriac, Mourousy, Serge-Rainer. La deuxième partie de ce premier numéro d'Instinct nomade consiste en un exercice imposé où il fut demandé à 4 écrivains de réfléchir à la question suivante : « La malédiction est-elle inscrite dans les gènes du poète, du peintre, du musicien ou du philosophe ou s'agit-il seulement d'une posture, d'une stratégie marketing pour sortir du lot ? »

 

Lien pour acheter ce numéro: ACHETER

Instinct nomade est une publication des éditions Germes de barbarie.

ISSN en cours.

Directeur de la publication : Bernard Deson

Coordination de la rédaction : Laurie Leiner

Ont collaboré à ce numéro : Jean-Paul Desnos, Annie Delpérier, Daniel Malbranque, Jean-Jacques Nuel, Christian Cottet-Emard, Louis Leprince, Stéphane Prat, Agnès Debruyne, Michel Bonneau et Marc Dutoit.

 

Abonnement : 2 ans (soit 4 numéros) 40 euros par chèque à l'ordre des éditions Germes de barbarie 619, rue Henri de Navarre 24130 Le Fleix

 

23 mars 2018

Carnet / Réponse à mes amis et connaissances qui me demandent si « j’ai viré catho » !

Même sans avoir la foi et peu préoccupé de pratique religieuse (je me considère comme agnostique), je travaille depuis plusieurs années sur des poèmes d’inspiration chrétienne dont il m’arrive de publier des extraits en revue ou sur le web dans les périodes de la Toussaint, de l’Avent, de Noël, de l'Epiphanie, des Rameaux et de Pâques. Ces poèmes que je qualifierais de variations personnelles sur le thème du sentiment religieux chrétien devraient s’inscrire, si je persiste dans ce projet, dans un ensemble qui traite généralement de l’Occident, un sujet certes très vaste et sans doute un peu trop ambitieux pour moi mais d’une importance cruciale dans ma vie, surtout dans le contexte actuel.

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Désolé de ne pouvoir créditer cette photo de moi en aube, je ne me souviens plus du nom du studio...

Les rares amis et connaissances qui lisent parfois ces fragments me demandent si « j’ai viré catho » pour reprendre leur expression ! Je leur réponds que même si ma vie n’est pas totalement gouvernée par l’Église Catholique Romaine, je n’ai jamais eu le désir de rompre avec ma culture chrétienne dans laquelle je me sens très bien, chez moi pourrais-je dire.

 

J’aimerais avoir la foi mais rien dans mon caractère sceptique, méfiant, individualiste et désengagé ne m’y prédispose. Je le regrette souvent car j’observe que dans les épreuves, notamment dans la lutte contre la maladie, les croyants sincères s’en sortent mieux. Je constate aussi qu’ils peuvent être moins sujets à la dépression et au désespoir existentiel, ce qui est tout à fait logique.

 

À l’inverse de beaucoup de gens de ma génération et de la précédente, je n’eus jamais de comptes à régler avec mon éducation religieuse qui fut basique et très libérale. Le jour où mes parents devinèrent que je m’étais soustrait au catéchisme grâce à un stratagème consistant à jouer sur mon inscription simultanée dans deux paroisses pour n’être présent dans aucune, je ne fus pas sanctionné. J’en profitai pour leur demander pourquoi ils m’avaient fait baptiser à la naissance. Ils me répondirent que cela ne pouvait pas me faire de mal et que par la suite, je serai de toute façon libre de croire et de pratiquer ou non. Quant à ma volonté d’échapper au catéchisme, elle n’exprimait pas d’hostilité de ma part à l’encontre de l’enseignement de la culture chrétienne mais mon refus d’être contraint, après les jours d’école qui m’étaient un supplice, de faire ce que je considérais comme des heures supplémentaires. 

 

Ma Confirmation et ma Communion Solennelle donnèrent lieu à de grandes réjouissances familiales et à des cadeaux parmi lesquels un splendide magnétophone à cassettes Bel & Owell qui ne me servit pas à grand-chose mais que je rêvais de posséder depuis longtemps. Je reçus aussi des parures de stylos dont certains me servirent  à écrire mes premières histoires. À la fin de ces repas de fêtes, il m’arriva plusieurs fois de siffler les fonds de verres de vin des adultes et de faucher un mégot de cigarette pour aller le fumer en cachette au jardin où je demeurais un moment pompette avant de retourner à table où personne ne remarquait ces incartades en raison des discussions d’après dessert qui se prolongeaient jusqu’en début de soirée.

 

La seule à me surprendre une fois dans ce tabagisme précoce fut mon arrière-grand-mère Clotilde qui m’ordonna en fronçant les sourcils de lui souffler mon haleine à la figure. Elle me sermonna discrètement mais ne dit rien pour les fonds de verre. Il faut dire qu’en hiver, lorsque je montais la voir à l’étage qu’elle occupait dans la maison, au-dessus de chez mes grands-parents, elle n’hésitait pas à me servir un demi-verre de vin chaud bien sucré accompagné d’une assiette de gaudes pour me réchauffer. De l’enfance à la fin de mon adolescence, j’eus la grande chance et l’immense bonheur de connaître mon arrière-grand-mère (née en 1882), son fils mon grand-père Charles et mes grands-mères paternelle et maternelle Yvonne et Marie-Rose.     

 

Enfant, j’accompagnais mes parents à la messe mais pas tous les dimanches, surtout à l’occasion des grandes fêtes. Il pouvait m’arriver d’y trouver le temps long mais le plus souvent, les couleurs et les scènes des vitraux suscitaient en mon esprit d’agréables rêveries. De plus, j’étais déjà sensible à la musique d’orgue et aux chants. Avant de quitter l’église, j’avais parfois droit à l’un des magazines pour la jeunesse exposés librement à l’entrée et qu’on réglait de quelques pièces dans un tronc. Il ne serait évidemment venu à l’idée de personne de ne pas les payer. À la sortie de la messe de Pâques, sous le porche de l’église Saint-Léger d’Oyonnax, mes parents achetaient des sachets d’œufs en chocolat praliné vendus au profit de la paroisse. Ils étaient si beaux et si délicieux que j’en ai encore le goût sur la langue.

 

Je donne tous ces détails autobiographiques sans grand intérêt pour autrui afin de montrer que dans ma famille, je n’eus jamais à souffrir de la moindre pression religieuse. Je peux même affirmer que l’ambiance discrètement chrétienne dans laquelle je baignais fut toujours plus ou moins pour moi associée à la fête. Les prêtres qui vinrent partager notre table à la maison m’ont tous laissé le souvenir d’hommes sympathiques et bienveillants. Le seul désagrément dont je me rappelle avait à voir avec un abbé qui me recevait en confession lorsque j’étais à l’école primaire, un homme débonnaire affligé d’une haleine qui sentait la banane, ce qui m’obligeait à retenir ma respiration quand il m’informait du divin pardon au moment même où je commettais un nouveau péché : n’ayant pas grand-chose à lui avouer, j’étais obligé de lui mentir en inventant quelques bêtises à lui confesser !

 

J’ai un rapport essentiellement culturel à la religion chrétienne, donc plutôt distancié. Cependant, de nos jours où l’autre religion dont plus personne ne peut ignorer la menace mortelle qu’elle fait peser sur la liberté de penser, la démocratie et le mode de vie occidental affiche sans cesse, partout et de toutes les manières son arrogance belliqueuse, je ne peux que me rapprocher des catholiques. Ma sympathie pour le christianisme tient aussi au fait que contrairement aux autres religions, il accepte, certes tant bien que mal et parfois contre son gré, de se questionner face aux évolutions du monde moderne, ce qui, tout en risquant de l’affaiblir en apparence, ne peut à terme que le renforcer et lui permettre de garder voire d’augmenter son rayonnement dans un rapport équilibré et pacifié avec la culture progressiste dont il est le socle.

  

Pour toutes ces raisons, quand j’aurai quitté ce monde, j’espère avoir des funérailles religieuses dans une église que je connais (de préférence Saint-Michel de Nantua ou Saint-Léger d’Oyonnax). J’essaierai autant que possible de tout organiser de mon vivant (musique, textes liturgiques, financement et sépulture) pour ne pas ennuyer mes proches. Sauf à tomber sur un curé borné (il en existe) refusant la cérémonie chrétienne à une âme laïque, mon vœu principal serait surtout d’avoir l’encens et la croix sur le cercueil et une tombe avec mon nom et mes dates ainsi qu’il en est pour tous les miens et pour mes plus anciens aïeux depuis des générations.