15 juillet 2026
Jean-Jacques Nuel, La nuit de Cluny. Polar. Éditions Héraclite, collection Terres de Bourgogne. 160 p. 17€

Une nouvelle enquête de Brice Noval sur les lieux lamartiniens
Et Lamartine dans tout ça ?
Trois meurtres à Cluny, un meurtrier qui veut plonger la ville dans la nuit et qui défie les enquêteurs en les baladant sur un chemin d’énigmes à résoudre sur fond de sites lamartiniens. Pas étonnant qu’un privé cultivé soit appelé en renfort !
Mais au fait, avez-vous entendu parler de ce détective, un certain Brice Noval ? C’est fort probable si vous écumez les réseaux sociaux, plus encore si vous habitez dans la région de Cluny et tout à fait certain si vous feuilletez le catalogue des éditions Héraclite.
Avec son prénom qui fleure bon les années 1970, la figure de ce détective privé aurait pu s’ajouter à la longue liste de ses collègues enquêteurs se bousculant dans les pages de la torrentielle production de littérature policière. Brice Noval, un privé de plus ? Pas si sûr. Celui-ci est à la retraite et déclare à qui veut l’entendre qu’il s’en trouve fort bien, même s’il ne rechigne pas à reprendre le collier lorsque le major Bruneau de la gendarmerie locale y perd son latin, quitte à ce que le militaire cède parfois à une tendance naturelle à s’approprier les succès du retraité. Qu’importe, du moment que Brice Noval puisse encore exercer son talent au profit de la collectivité où il évolue en authentique singleton.
Lent, méthodique, routinier, souvent rituel et un brin mélancolique, Noval semble revenu de tout sans arborer pour autant le style blasé de l’enquêteur résigné au chaos du monde, cette figure constituant l’un des stéréotypes du polar. Voici un privé qui ne fume pas (ou plus) ne s’autorise que quelques bières (leur préférant même du jus de fruit ou de la glace lorsqu’il bavarde en terrasse avec son agent immobilier préféré, la jeune et belle Virginie qui lui fait regretter son âge vénérable, et qui n’a recours à aucune autre arme que son flair augmenté d’une belle érudition historique et littéraire ainsi qu’on le voit dans tous les ouvrages de la série Noval et bien sûr dans La nuit de Cluny, le dernier opus de son créateur, Jean-Jacques Nuel.
Après une désormais lointaine carrière lyonnaise, voici notre fouineur tout content de jouer le rat des champs dans sa campagne clunisienne, d’autant que le crime se sent partout chez lui, dans les ruelles provinciales comme dans les avenues des capitales.
Avec ce septième opus mettant en scène Brice Noval, précédé de trois polars lyonnais, La malédiction de l'Hôtel-Dieu, Terminus Perrache (tous deux d'abord édités par Germes de barbarie, la maison de Bernard Deson) et Balade funéraire maintenant disponibles en auto-édition sur Amazon auxquels s’ajoutent quatre polars bourguignons parus chez l'éditeur Héraclite, Avril à Cluny, Le puits des Pénitents, Décibels mortels et La nuit de Cluny, l’ensemble constitue bien une série dans laquelle le lecteur a pris ses marques.
Grâce à l’irruption des personnages récurrents (à Lyon le commissaire Alexandre Schweitzer, chef de cabinet du préfet de police, et Laurent Thimonnier, un spécialiste de l'histoire lyonnaise, à Cluny, le major Bruneau, commandant la brigade de gendarmerie, l'archiviste Hervé Glaber, immergé dans le passé, ou la séduisante Virginie de Lancharre, directrice de l'agence immobilière qui a vendu à Noval une ferme restaurée), le lecteur revient à chaque fois dans un univers très cohérent où il prend ses habitudes sans perdre les surprises.
Retrouver tout ce petit monde ingénieusement créé par Jean-Jacques Nuel a de quoi ravir non seulement les amateurs d’intrigues policières qui ont besoin de tous les ingrédients du genre, mais aussi les lecteurs d’autres styles romanesques susceptibles de s’attacher plutôt à l’ambiance, au décor et aux références historiques et littéraires.
Dans La nuit de Cluny, par exemple, surgit en filigrane la silhouette d’Alphonse de Lamartine dans sa stature bien réelle d’homme politique et d’écrivain dont la postérité n’a préféré retenir que l’image du poète romantique.
En résumé, si vous dévorez du polar, si vous aimez sortir des sentiers battus, si vous voulez découvrir Lyon et Cluny ou approfondir vos connaissances sur ces villes en suivant les pas du détective mis au monde par Jean-Jacques Nuel, lisez la série Noval.
Christian Cottet-Emard
La série Noval
14:30 Publié dans Lectures, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean-jacques nuel, la nuit de cluny, éditions héraclite, collection terres de bourgogne, cluny, site clunisien, rhône alpes, france, europe, littérature policière, polar, roman, littérature, détective privé, enquête, blog littéraire de christian cottet-emard, critique, note lecture, alphonse de lamartine, lamartine, lyon, mâcon, saône et loire, bourgogne, polar bourguignon, brice noval, série noval
06 juillet 2026
La traversée commence :
Richard Zenith : Pessoa, l'œuvre-vie, éditions du Seuil :14 ans de recherches et d'écriture, 1268 pages.
14:49 Publié dans carnet, Lectures, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, lecture, fernando pessoa, l'œuvre-vie, richard zenith, éditions du seuil, blog littéraire de christian cottet-emard, littérature, poésie, biographie
03 juillet 2026
Hommage : Jean-Louis Jacquier-Roux (1947-2026)
Jean-Louis après l'apéro littéraire du vendredi 6 mars 2015 à la médiathèque municipale d'Oyonnax
Poète, essayiste, nouvelliste et critique littéraire, grand connaisseur et amoureux de l'Italie, pays dont l'art lui a inspiré plusieurs de ses excellents livres, Jean-Louis Jacquier-Roux a joué un rôle déterminant dans la renaissance de la bibliothèque municipale d’Oyonnax en la dirigeant à la fin des années 70 jusqu’au début des années 80. Avant de devenir la belle médiathèque que les usagers du centre culturel Aragon fréquentent aujourd’hui, la bibliothèque était située dans des locaux anciens du centre d’Oyonnax, rue Michelet.

Jean-Louis dans les anciens locaux de la bibliothèque d'Oyonnax, rue Michelet, derrière sa montagne magique... de livres ! (Photo Serge Faivre)
C’est là que j’ai fait la connaissance de l'écrivain, alors bibliothécaire en cette année 1978, lorsque que je me préparais à publier mon premier recueil de poèmes. Ne connaissant pas grand-chose au monde de l’édition à cette époque, j'ai toujours trouvé en Jean-Louis un interlocuteur compétent, attentif, disponible, chaleureux et de très bon conseil.
Un des temps forts de ses fructueuses initiatives à Oyonnax a été l’invitation en 1981 du grand poète et éditeur Pierre Seghers qui s’est entretenu avec les lecteurs de la bibliothèque et les professeurs et lycéens du lycée Paul Painlevé.
La dernière fois que j'ai revu Jean-Louis Jacquier-Roux remonte au vendredi 6 mars 2015. La médiathèque municipale d’Oyonnax nous avait conviés à participer à une rencontre ponctuée de présentations de nos livres et de lectures de nos poèmes.
Plusieurs livres de Jean-Louis Jacquier-Roux sont en rayon à la médiathèque municipale d'Oyonnax. L'un d'eux, un recueil de poèmes intitulé En Italie, dont je suis le préfacier, comporte en frontispice une encre de l'artiste Pierre Béjoint. En quatrième de couverture, un bref extrait du recueil résume bien l'art de la miniature de Jean-Louis : « Missiano / Pêcher en fleur / cerné de noir / Petite île d'impatience » .
Les obsèques religieuses de Jean-Louis, décédé le 2 juillet 2026 à l'âge de 79 ans, auront lieu jeudi 9 juillet 2026 à 9H30 en l'église de Perrecy-les-Forges (71) suivies de l'inhumation au cimetière de Perrecy-les-Forges, à l'issue de laquelle sera proposé un pot à la salle paroissiale.


17:40 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean-louis jacquier-roux, littérature, poésie, hommage, médiathèque oyonnax, centre culturel aragon oyonnax, blog littéraire de christian cottet-emard, ain, bugey, oyonnax, rhône alpes





























