28 mars 2006
De la rue monte une fraîche parole
Effets de foehn
L'amour venté des grands épicéas
Fûts balancés dans le chant des trois-mâts.
Les sources sans souci des herbes sèches
Eaux chavirées en rivières d'un jour.
La paille des talus et ses flammèches
Lents feux pour ouvrir chemins et détours.
Le réveil dans la nuit d'obscurs dormeurs
Très vieux effrois perdus aux quatre vents.
Le temps volé, le pillage des heures
Saisons confisquées et tous ces printemps...
Le soir lourd de lilas, de banderoles
Patience à bout colère ensoleillée.
Férus d'épicéas énamourés !
De la rue monte une fraîche parole.
11:05 Publié dans Et à part ça ? | Lien permanent | Commentaires (2)
17 mars 2006
CPE = Contrat Précaire Emploi
On s'étonne de me voir ferrailler contre le service civique obligatoire, ce lapin sénile sorti du gibus défoncé de quelques illusionnistes (dont le talent inspire moins confiance que celui du bon vieux pétomane d'antan) sous prétexte qu'il y a plus d'urgence à combattre le CPE. Faut-il pourtant rappeler que le service civique obligatoire sort du même magasin d'accessoires ? Tout récemment, un lecteur est venu commenter mon deuxième billet contre le service civique obligatoire sur le thème du don et de la fraternité, celle-ci étant qualifiée par ce lecteur "d'emblème de la République". J'ai répondu dans l'espace des commentaires mais comme le blog a un petit côté ardoise magique, je redonne ici ma réponse à ce lecteur :
Tout le monde (ou presque) est pour la fraternité mais permettez-moi de douter de la bonne santé de ce mot si galvaudé en ce moment.
Jamais on ne l'a autant prononcé, rabâché, qu'en cette époque où l'on entend à longueur de journée la litanie "SDF", "fin de droits", "radiation"...
Jamais ce pauvre mot épuisé, vidé de son sens, n'a sonné si creux que dans les discours politiques et médiatiques actuels qui se gobergent de fraternité ou de solidarité alors que les seules "valeurs" prônées dans ces mêmes discours sont la compétition et la concurrence, non seulement entre les entreprises mais encore, ce qui est bien plus grave, entre les personnes.
Quelle fraternité peut encore se développer lorsque, depuis votre poste de travail (notamment dans le privé mais aussi, de plus en plus, dans le public) vous voyez quinze personnes lorgner sur votre emploi et vos patrons ou vos supérieurs guetter votre faux pas pour vous remplacer par moins cher et plus docile ?
Quant à "donner de son temps", quel sens peut avoir la notion de don dans une société essentiellement marchande comme la nôtre ?
On ne peut pas à la fois convaincre les individus que tout s'achète et se vend et qu'il n' y a pas d'alternative à ce système puis leur demander de pratiquer le don et la fraternité.
Dans une telle contradiction, la notion de fraternité n'est effectivement qu'un "emblème", c'est-à-dire une figure, un ornement symbolique, tout comme l'idée du service civique obligatoire.
Quant à ce fameux CPE, il porte bien ses initiales : Contrat Précaire Emploi.
15:25 Publié dans Et à part ça ? | Lien permanent | Commentaires (4)
11 mars 2006
Printemps des poètes
Lu dans Le Monde des livres (daté 10 mars) page 10 :
"Nous oeuvrons (...) à ajuster fragilement quelques rythmes (verbaux, graphiques, colorés) dans l'entre-deux entre ce que ce réel nous pousse à faire et ce que nous restituons comme fiction formée".
- Christian Prigent -
Avant, ça m'énervait. Maintenant, ça me fait rire !
00:20 Publié dans Et à part ça ? | Lien permanent | Commentaires (7)





























