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12 janvier 2010

Les neiges de Mario Rigoni Stern


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Photo : un oiseau est passé par là (photo prise hier vers 13h près de la maison).

Chaque promenade hivernale m’indique que le pluriel sied au mot « neige » et cela m’est confirmé par la lecture de Mario Rigoni Stern.

Dans son livre Sentiers sous la neige (10/18), il nous apprend les noms donnés chez lui aux différentes neiges : Brüskalan, la première de l’hiver, qui devient sneea abondante et impalpable puis haapar à la fin de l’hiver et haarnust, la vieille neige à l’approche du printemps. Vient alors swalbalasneea, la neige des hirondelles ou neige de mars et kuksneea, la neige d’avril, celle du coucou, la dernière ? Que non ! Voici bàchtalasneea, l’imprévisible de mai. Une dernière neige d’été ? Parfois dans les alpages... Mario Rigoni Stern n’est pas sûr de son nom, peut-être kuasneea, la neige des vaches.

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Je me suis contenté de citer ces noms de neiges. Pour en savoir plus sur chacune, son entrée en scène, sa consistance, ses conséquences, ses surprises, lisez ou relisez ces pages et vous saurez mieux encore regarder, toucher, humer et écouter « les neiges » , même si chez vous, elles portent des noms différents.

 



29 août 2009

Un piéton de Villeurbanne

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Roland Tixier, Simples choses, (postface de Nicole Vidal-Chich) éditions Le Pont du Change, 161 rue Paul Bert, 69003 Lyon. 80 p, 13 €. 2009. Port gratuit.

Villeurbanne, Vaulx-en-Velin et peut-être d’autres confins de ce qu’on appelle le Grand Lyon ont leur poète. Il s’appelle Roland Tixier, marche beaucoup et accorde son pas au rythme de visions fugitives (« n’être autre que ces pas / d’une rue à l’autre / quelques instants insaisissables »). Il en naîtrait presque une moderne épopée, depuis tant de recueils publiés par ce maître de la notation brève, dans le style des haïkus urbains, si ce promeneur ne se souciait comme d’une guigne de jouer le passant considérable.

Ainsi, dans son dernier opus intitulé Simples choses, Roland Tixier persiste-t-il à se fondre dans le paysage urbain ou semi-urbain (« je pars je me fonds / dans le gris léger / à l’est du périphérique ») que nous avons vite fait de juger inhumain alors qu’il est justement chargé d’humanité. Le quai, le square, le bus, le quartier, le bureau de poste, le banc, la gare, le trottoir, le parking, la banlieue, le supermarché, la supérette que les discours convenus relèguent souvent dans un pluriel hostile et lointain retrouvent leur singulier lorsque le poète piéton les nomme. Tel est un des pouvoirs de la poésie. La vie qui semblait vouée à se dissoudre dans l’anonymat des mornes et rectilignes perspectives des « grands ensembles » regagne alors sa dimension quotidienne et individuelle avec ses présences saisissantes (« clochard ravagé / peu de vie dans son caddie / de supermarché »), intenses (« elle au volant il l’embrasse / garée à la diable / warning allumé ») rassurantes (« bonheur d’une journée / être près de vous debout / sur ce quai de bus ») souriantes (« trois pigeons devant la mairie / picorent les grains de riz / lendemain de mariage »). En trois lignes, le collectionneur de « simples choses » peut nous emmener loin (« amoureux perdus / sur le chemin de halage / matinée de brume ») ou restreindre le cadre jusqu’à nous faire éprouver la sensation physique de l’enfermement (« loin de ses repères / petit merle apeuré / entre les haies d’automobiles »).

Lorsqu’il consent à se mettre en scène, c’est à la façon, fugace, d’un Alfred Hitchcock dans les premières images de ses films et l’on se surprendrait presque à s’exclamer : « Tu as vu, au début de ce poème, le type qui monte dans le bus ? C’est Roland Tixier ! » . Mais ce passant de la « bienheureuse marche » au pas aussi léger que son sac à dos peut très bien être vous et moi parce que l’auteur de ce livre nous prend vraiment en sympathie (« ah ! mes compagnons de bus / bonheur d’être près de vous / logé à la même enseigne »).

28 août 2009

Chérie, éteins la télé !

9782264047175.gif« La télévision est le concentré de tout ce qui en nous est abject. Tout ce qui, déjà dans la réalité, nous apparaît difficilement réconciliable en terme de qualités humaines devient d'une crudité implacable une fois retransmis à la télévision. »

- Erlend Loe - (Doppler, éditions 10/18)