Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09 mai 2008

Orgue de Nantua : disques et concerts

 1086378819.2.jpgCommuniqués :

Œuvres de Boëly enregistrées sur l’orgue de Nantua

L’Association des Amis de l’Orgue de Nantua propose en souscription jusqu’au 1er juillet 2008 deux CD enregistrés par Marie-Ange Leurent et Eric Lebrun sur l’orgue historique de l’Abbatiale de Nantua construit en 1845 par Nicolas-Antoine Lété.
Chaque CD est accompagné d’un livret explicatif en quadricolor.
Alexandre Pierre François BOËLY (1785-1858 ) fut le plus grand organiste français de la première moitié du XIXème siècle ; son œuvre, entre classicisme et romantisme sonne magnifiquement sur l’orgue de Nantua .
Le premier CD est intitulé « Pièces pour l’Office Divin » . Le second CD, « Morceaux et Fantaisies pour l’orgue expressif » , comporte également des pièces enregistrées sur d’autres orgues français à découvrir. Ces deux CD disponibles uniquement auprès des Amis de l’Orgue de Nantua et à la Maison de la Presse, 24 rue du Collège à Nantua, sont extraits de l’intégrale Boëly enregistrée chez Bayard-Musique. Chaque CD vous est proposé au tarif préférentiel de 17€ (port offert).
Après le 1er juillet 2008, chaque CD sera disponible auprès des Amis de l’Orgue de Nantua au tarif 19€ + frais de port et à la Maison de la Presse au tarif de 19€ .
Renseignements complémentaires au 04 74 75 22 30.
------------------------------------------------------------------------------------------

Bon de commande à renvoyer aux Amis de l’Orgue de Nantua à l’adresse ci-dessous :
4 rue du Cloître 01130 Nantua.
Nom :
Prénom :
Adresse :
Code postal :
Ville :
Courriel :
CD Pièces pour l’offices divin : 17€
CD Morceaux et pièces de Fantaisies pour l’orgue expressif : 17€
Port offert.
Total =
Chèque à l’ordre des Amis de l’orgue de Nantua
Tarif valable jusqu’au 1er juillet 2008.
...............................................................................................................................................................................................................

Prochains concerts :

Heure d'orgue par les élèves et les professeurs du Conservatoire à Rayonnement Départemental d'Oyonnax à l'église St André de Chatillon-sur-Chalaronne à 17h le dimanche 8 juin.

Concert d'orgue et visite de l'orgue par les élèves et les professeurs du CRD d'Oyonnax à l'abbatiale St Michel de Nantua le dimanche 22 juin à 17H.

Concert Irish-Baroque par les élèves et les professeurs du CRD d'Oyonnax au petit théatre du Centre Culturel Aragon d'Oyonnax le samedi 24 mai à 15h.

Concert orgue, flûte à bec et chant par Véronique Rougier, Elisabeth Kwiatowski et Hélène Fassel-Lombard à l'église de St Lupicin le vendredi 4 juillet à 20h30.

Visite du Musée de l'Orgue Suisse organisée par l'association Histoire Monuments et Sites de Nantua et les Amis de l'Orgue de Nantua le samedi 5 juin.
Renseignements : Liliane Barrué 04 74 76 75 98.

13 mars 2008

Les mésaventures de Cardio Vasculaire

398061973.jpg

(Extrait de deux épisodes que j’avais supprimés de mon feuilleton « Tu écris toujours ? » mais cependant publiés dans la revue Mercure n°1, novembre 2007, sous le titre « Souvenirs d’un localier »)

Ma phobie des chiffres m’a souvent jeté dans de stupides travaux alimentaires. L’une des moins reluisantes de ces activités professionnelles a consisté à faire le journaliste dans un quotidien régional qui eut ses heures de gloire en des époques bien antérieures à l’éventualité de ma naissance. La naïveté de mes vingt ans me portait aussi à croire que la pratique du journalisme permettait de consacrer un peu de temps à la littérature, ce qui est évidemment inexact.
C’est donc au fond d’un bureau d’agence locale, sous le néon jaunâtre qui sied à ce genre de cave par ailleurs excellente pour la conservation des cigares, voire propice à la culture de l’endive, de l’asperge ou du champignon de Paris, que je fis la connaissance, bien malgré moi, d’un personnage des plus antipathiques. Cardio Vasculaire (ainsi le baptisai-je dès qu’il se crut autorisé à me parler de ses ennuis de santé) était un de ces fâcheux qui débarquaient régulièrement à l’agence pour discuter le coup avec les pigistes ou le journaliste de corvée. Certains de ces bavards, presque tous retraités, étaient du matin, d’autres du soir. Cardio Vasculaire était du soir et même du dimanche soir. Ce commerçant retiré des affaires pointait son crâne d’œuf de Pâques dont on aurait dénoué le kiki à l’heure à laquelle les plumitifs des sports commençaient à jouer du téléphone pour obtenir les scores et commentaires de toutes les gesticulations dominicales, notamment celles qui dégénéraient autour d’un ballon. Le ballon, Cardio Vasculaire faisait (grise) mine de s’y intéresser et posait ainsi chaque dimanche à la même heure la même question anxieuse au localier en poste : « combien ils ont fait ? » Depuis des années, il obtenait ainsi le score de l’équipe locale de ballon en poussant la porte de l’agence, trouvant toujours un rédacteur pour sacrifier à ce petit rituel susceptible de lui procurer l’ersatz d’émotion auquel son cœur pouvait encore prétendre. Ceci dit, la maladie ne rend pas les gens meilleurs et celui-ci moins qu’un autre.
Cardio Vasculaire, pour le moins, ne m’appréciait pas. La première fois que je l’entendis me dire « Combien ils ont fait ? », je lui fis répéter la question en demandant des précisions (qui « ils », qui avaient fait quoi, etc., etc...). J’en avais aussi profité pour lui signifier mon aversion pour le sport et en particulier pour le ballon en le priant de me préciser que le rond, c’était bien le football et l’ovale le rugby, en rajoutant, au comble de la jouissance : « j’oublie toujours ! » J’ose le dire, cet homme ne me portait pas dans son cœur et j’en avais autant à son service. De toute façon, en dix ans d’exercice journalistique, je ne me suis jamais encombré l’esprit avec un seul chiffre ou nombre pouvant correspondre à un résultat de compétition sportive. Alors, « Combien ils avaient fait » , avec moi, il ne risquait pas de le savoir. En outre, ce que Cardio Vasculaire ignorait, c’est que son innocente question appelant une réponse chiffrée ne pouvait que mal me disposer à son égard. Il suffit en effet que quelqu’un me demande d’évaluer une distance, un volume, une quantité, en un mot une mesure, au moyen d’un chiffre ou d’un nombre, pour que je me sente envahi par une bouffée d’angoisse dont mon interlocuteur a vite fait d’interpréter les signes visibles comme des marques d’agressivité. Lorsque cela s’avère nécessaire, je prends la peine d’expliquer la situation aux personnes de mon entourage familial et amical. Ils me comprennent ou ils compatissent, réactions que je ne pouvais espérer de la part d’un individu tel que Cardio Vasculaire qui, pour être doté d’un gros crâne en forme de son ballon préféré, n’avait pas forcément le cerveau en rapport. Et je peux prouver ce que j’avance.
Malgré son état, Cardio Vasculaire vivait plutôt dangereusement. Il avait en effet la pitoyable habitude de jouer au loto toutes les semaines, toujours la même combinaison de chiffres et de nombres. Comme tous les riches, il voulait encore plus d’argent et il cochait donc consciencieusement, depuis des décennies, ses grilles hebdomadaires. Or, un beau jour, ainsi que cela se produit parfois, il décrocha six numéros. L’ennui, ainsi que cela se produit parfois aussi, c’est que cette semaine-là, pour une obscure raison, il n’avait pas validé son bulletin. Confronté d’un coup à trois émotions violentes (j’ai gagné, j’ai pas joué, j’ai perdu) Cardio Vasculaire fit un malaise.
Je ne sais pas s’il s’en est sorti. En tous cas, je ne l’ai jamais revu. Pourtant, lors de mon dernier jour de travail à l’agence, un dimanche justement, j’ai trouvé moyen de lui consacrer une petite pensée. Alors que j’avais vidé mon bureau et mon armoire dans deux grands sacs poubelle de cent litres, je me suis rappelé la question fusant de ce crâne blafard : « Combien ils ont fait ? » Je me suis imaginé en train de répondre : « des millions, des dizaines de millions, des centaines de millions ! »

03 mars 2008

Apolitique !

672704199.jpgLe clair de lune égara l’ombre d’Effron Nuvem contre une palissade recouverte d’affiches et l’une d’entre elles retint son regard parce qu’il y reconnut la tête du marchand de chaussures. Il se souvint alors que les élections approchaient. Pour la première fois, le club des pantouflards présentait une liste conduite par le petit gros. Maintenant, Effron Nuvem comprenait mieux ses approches mais tout de même, aller jusqu’à lui proposer de l’accueillir au sein du club... Que pouvait valoir l’adhésion d’un chômeur, une de ces « âmes mortes » à peine bonnes à émigrer d’un fichier à un autre au gré des fluctuations d’une comptabilité d’actifs et de passifs que se jetaient sans cesse à la figure lors de joutes télévisées les dignes héritiers de l’escroc Tchitchikov?
Le jour du scrutin, Effron Nuvem, muni de sa carte d’électeur et de sa carte d’identité, alla aux urnes avec l’intention de voter contre et peu importait contre qui. Mais sur le trajet, son soulier droit s’enfonça mollement dans une énorme crotte de chien de couleur orange. Saisi d’une bouffée de colère, il mit un bon quart d’heure à nettoyer sa chaussure dans les toilettes publiques moyennant une pièce de vingt centimes, ce qui ne fit que décupler encore sa rage au point qu’il arriva tremblant et le visage congestionné au bureau de vote. Monsieur Nuvem ! Quelque chose ne va pas ? Vous ne vous sentez pas bien ? s’enquit le marchand de chaussures qui se tenait à proximité de la table où étaient disposés les bulletins et les enveloppes et qui saluait tout le monde. Tout à son exaspération, Effron Nuvem abandonna en une seconde ses intentions de vote et choisit ostensiblement un bulletin où figurait la liste du club des pantouflards sous l’oeil approbateur du petit gros qui lui décocha un clin d’oeil de connivence.
Toujours contrarié, il décida d’aller respirer l’air de la Saône. Sur le pont Masaryk, il croisa une femme accompagnée d’un garçonnet qui le mit en joue avec un pistolet en plastique.

(Extrait de mon dernier roman, Le Club des pantouflards, éditions Nykta, collection Petite nuit).

Note de l'auteur : comme de bien entendu, la liste présentée aux élections par le Club des pantouflards est totalement « APOLITIQUE » !