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27 novembre 2006

Liberté à perpétuité

“Liberté quand on m’écrit ton nom je sors mon revolver” rétorquerais-tu bien à ceux qui font commerce de ce mot

Va leur expliquer la signification de Liberté à la moindre panne d’électricité

Libertad est-il écrit sur la bague de cet excellent cigare echo en Honduras totalmente a mano

Mais notre cœur bat pour la liberté s’écrient les plus poètes à leurs heures

Et pourtant leur cœur a commencé à battre sans qu’ils s’en aperçoivent et s’arrêtera sans leur demander leur avis ô Liberté

Et si cette idée révolte les plus intelligents certains se croiront libres en se tirant une balle de ce revolver que tu as envie de sortir chaque fois qu’on te chante le refrain de la liberté

Mais ils n’auront pas été plus libres pour autant en s’étant tiré une balle dans la tête

À peine auront-ils été le jouet d’une chimie d’une colère captive comme une lave de leur nostalgie de liberté

Et si leur mort vécue par eux comme leur seul geste de liberté n’était même pas leur mort ?

Et que ce qu’ils croyaient être leur mort débouche sur autre chose sur un nouveau cœur qui démarre tout seul ?

Et qu’à nouveau grince à leurs oreilles comme un mauvais violon pour les siècles des siècles Liberté Liberté chérie !


Copyright : Orage-Lagune-Express, 2006.

22 novembre 2006

Dans le vent



Le vent qui chevauche la saison

Je dois apprendre la joie de ce qu’il apporte

Me nourrir de ses belles images animées

Rythmer sa musique dans les arbres

Où dans sa multitude chaque feuille n’est qu’une et nulle autre

Être cette feuille qui accueille le vent

Et se contente de ce qu’il ramène

Comme d’un visiteur qu’on n’attend plus

Parce qu’il revient toujours à l’improviste

Étranger à lui-même et à l’Histoire

Comme d’un oiseleur riche de passereaux

 

- Le Monde lisible (extrait), éditions Orage-Lagune-Express, 2004.

21 novembre 2006

Le poète joue au loto

Poète tu joues au loto

Tu sais que rien n’est plus lamentable pour un poète que de faire valider son bulletin au tabac que tu peux avoir l’air d’un poète avec un mégot au coin des lèvres ou un cigare entre les dents mais pas en récupérant ton reçu qui n’est pas précieux mais qui a une chance sur plusieurs millions de le devenir

À part toi personne ne trouve à redire que tu joues au loto car personne ne sait que tu es poète

Ce que les gens trouvent lamentable ce n’est pas de jouer au loto mais d’écrire des poèmes

Tu racontes au voisin que tu vas skier dans les Dolomites

Tu ne skies jamais cela ne te viendrait pas à l’idée de risquer de te faire mal

Ce n’est pas que tu cherches à épater le voisin car tu ne l’admires pas mais tu vois qu’il a peur de ce silence que tu portes comme un beau manteau d’hiver un peu démodé

Tu sens que le voisin attend un minimum de conversation cela se fait

Tu ne sais plus faire tu as épuisé tous les sujets tu ne veux pas l’inquiéter trop longtemps avec ton silence

Tu pourrais lui parler de livres de poèmes mais tu choisis le ski à Cortina d’Ampezzo pour éviter de l’inquiéter avec la poésie

À quoi ça servirait ô poète joue au loto

(Le poète mène une vie quotidienne, extrait. © Orage-Lagune-Express, 2006)