02 juin 2011
Carnet des cigares et des livres
L’autre jour, j’ai mis à profit quelques heures à Lyon pour me réapprovisionner en cigares, rien de compliqué ou trop cher, quelques fagots du Nicaragua, certes un peu rustiques comparés aux Joya de Nicaragua que je fumais parfois dans les années 80. De cette époque, je garde le souvenir d’avoir loupé une affaire, un splendide cabinet de Joya en catégorie double corona ou giant, je ne sais plus. En ces temps déjà lointains, j’étais un fumeur plutôt routinier et je suis reparti de la civette avec mes habituels Por Larrañaga et Petits bouquets de Partagas. Je regrette beaucoup la disparition du Petit bouquet, ce petit trapu auquel je n’ai trouvé à ce jour aucun équivalent, même pas le Cuaba divino qui, malgré son charme, n’a rien à voir avec ce court cigare inexplicablement sacrifié par Partagas.
Avant de rentrer sous mes frênes, je suis passé à la Fnac où je me fais toujours la même réflexion : à quoi bon continuer à écrire face à une telle profusion ? Je suis heureusement capable aujourd’hui de ne plus me laisser couper les jambes avec cette sorte de découragement. Ne plus écrire parce qu’il y a tant de livres, ce serait aussi stupide que de se dire : ne plus vivre parce qu’il y a tant de monde ! Aujourd’hui, je résiste au doute, qu’il vienne de moi-même ou des autres, en réalisant que je vis en pleine nature dans un environnement qui me plaît, sans me soucier de faire ou non de la littérature, d’être ou non auteur ou écrivain, d’écrire bien ou mal, la seule chose importante étant pour moi de raconter ce que j’ai à raconter durant mon passage en ce monde. Rien de plus, rien de moins.
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31 octobre 2010
« Tu écris toujours ? » sur Feedbooks
Un extrait (trois chapitres) de mon recueil de chroniques humoristiques Tu écris toujours ?, publié cette année aux éditions Le Pont du Change, a été mis en ligne sur la plateforme Feedbooks, sous forme de livre numérique gratuit. Cet extrait a été téléchargé plus de 370 fois depuis le mois de mai.
Pour le livre papier, voir le site de l'éditeur.
00:51 Publié dans FEUILLETON : tu écris toujours ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tu écris toujours ?, feuilleton, humour, éditions le pont du change, feedbooks, christian cottet-emard, lyon, édition, chroniques, livre
30 mai 2010
Tu écris toujours ? (éditions Le Pont du Change)
Un article dans Le Magazine des Livres
Dans le Magazine des Livres n° 24, actuellement en kiosques, un article signé Stéphane Beau, consacré à « Tu écris toujours ? Manuel de survie à l'usage de l'auteur et de son entourage » de Christian Cottet-Emard :
Drôle de bestiole qu'un écrivain ! Je le savais déjà, mais grâce à Tu écris toujours ?, le dernier livre de Christian Cottet-Emard (publié par les récentes mais déjà prometteuses éditions du Pont du Change), cela se confirme. Car si quelques rares spécimens réussissent de temps en temps à sortir de l'ombre et à devenir des « auteurs à succès », la plupart des membres de cette curieuse secte s'avèrent être, aussi bien pour leur entourage que pour eux-mêmes, plus encombrants qu'autre chose. Imaginez : ils ne savent généralement rien faire d'autre qu'écrire. Pas forcément bien en plus, mais c'est un autre problème !
Car ces écrivains, voyez-vous, ne partagent aucune des passions qui font le charme de la « vraie vie » : le foot, la politique, la télé, les soldes, le bricolage... Ils fuient la foule comme la peste, ils n'ont aucune ambition, ils s'habillent mal, se lavent peu, boivent trop, et ils végètent au quotidien dans un univers parallèle qui s'acoquine mal avec le monde réel (qui, comme chacun le sait, n'accorde guère de crédit à l'immobilisme, à l'oisiveté et à l'improductivité caractérisée).
Prenant son courage à deux mains et sa plume comme il peut, avec ce qu'il lui reste de doigts disponibles, Christian Cottet-Emard s'attache donc, dans ce Manuel de survie à l'usage de l'auteur et de son entourage, à nous délivrer quelques conseils éclairés pour mieux comprendre ces grands handicapés de la vie que sont les écrivains. Et il le fait avec beaucoup d'humour et de malice, prenant volontairement à contrepied tous ceux qui veulent faire de ce travail de manieurs de stylos une activité supérieure, noble et forcément admirable. Ainsi, si je suis bien persuadé que Tu écris toujours ? amusera beaucoup celles et ceux qui côtoient quotidiennement des auteurs et qui savent à quel point leurs risibles postures et multiples tics sont désespérément prévisibles, je ne suis pas sûr qu'il en sera de même pour nombre d'écrivains qui ne se réjouiront guère de se reconnaître dans le portrait qui est fait d'eux. Tant pis pour leur vilain ego !
Tous les autres, en tout cas, se délecteront en lisant ce genre d'aphorisme : « Quant à savoir si on est écrivain parce qu'on est inadapté ou inadapté parce qu'on est écrivain, cela revient à se poser la lassante question de l'œuf et de la poule », ou ce très judicieux conseil aux poètes en manque d'inspiration, que je ne peux pas m'empêcher de citer dans son intégralité : « Voici un petit truc utile si vous avez la flemme d'écrire ou si la muse vous a posé un lapin : exhumez un de vos vieux poèmes, maquettez deux vers par page - c'est bien le diable si vous n'arrivez pas à une cinquantaine - et faites imprimer sur vélin en typographie un volume non massicoté. Les bibliophiles ne coupent pas leurs livres. Ils ne lisent pas, ils collectionnent. Alors deux vers par pages, peu importe, du moment que c'est pur chiffon et tralala ! »
Des conseils aux écrivains qui déménagent aux conseils aux écrivains qui ont encore des amis non-écrivains et non-littéraires, en passant par les conseils aux écrivains qui ne savent rien faire d'autre, aux écrivains qui se font interviewer ou qui sont assignés à résidence, tous les cas de figures sont joyeusement analysés les uns après les autres. Et au final, une fois la dernière page tournée, les premiers mots qui nous viennent à la bouche sont : « mince, c'est déjà fini ! »
Ce qui est plutôt bon signe, en général...
Stéphane Beau
Tu écris toujours ? Manuel de survie à l'usage de l'auteur et de son entourage de Christian Cottet-Emard, éditions le Pont du Change, 2010.
Un recueil de 96 pages, format 11 x 18 cm. 13 €.
23:55 Publié dans FEUILLETON : tu écris toujours ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tu écris toujours ?, feuilleton, magazine des livres, éditions le pont du change, nuel, cottet-emard, stéphane beau, manuel de survie, auteur, écrivain, presse, édition, livre