Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14 mars 2013

Ballet de la fée Clochette et autres tourments juvéniles

souvenir,école,dessin animé,fée clochette,peter pan,walt disney,poésie,journal,récit,blog littéraire de christian cottet-emard,oyonnax,saint léger,problème,mathématiques,arithmétique,calcul,nombre,chiffre,capitaine crochet,glas,étienne dolet,campanule,encrier,fête foraine,locomotive,vapeur,patate,robe,soleil,nuit,aile,éditions orage-lagune-expressLe glas aigrelet de Saint Léger qui égrène le temps compté pour la résolution des problèmes

Les bords maculés de l’encrier qui ressemble à un seau d’aisance miniature

La plume qui ripe sur le mauvais papier le buvard qui étend la tache la gomme (côté encre) qui troue la page le maître qui entoure le trou d’un cercle rouge et qui écrit « Imbécile »

Fée Clochette fais sonner la cloche pries-tu mais à part une sensation bizarre et vaguement agréable au bas ventre elle ne peut rien d’autre pour toi la petite fée bien roulée

Elle bat des ailes en tenue aussi légère que les grandes femmes mystérieuses lorgnées à travers l’œilleton d’un porte-clefs en plastique en forme de télévision tiré à une machine à sous de la fête foraine

Elle papillonne en pantoufles à pompons au-dessus de la ronde sempiternelle des chiffres et des nombres déjà occupés à ta ruine

Pendant ce temps le Maître dessine au tableau des patates de toutes les couleurs en expliquant que l’année prochaine au collège les mathématiques s’étudieront à l’aide de ces patates alors il demande que préférez-vous les patates ou les problèmes et tout le monde répond les patates m’sieur et un sourire goguenard qui dit jeunes gens je vous souhaite bien du plaisir lui donne la même tête et les mêmes yeux que le capitaine Crochet

Alors la fée Clochette disparaît jusqu’à l’ouverture de la haute porte libérant au son de l’allegro du troisième brandebourgeois tes cavalcades entre les murs du passage Étienne Dolet où elle t’attend déguisée en campanule

On peut dire qu’elle te fait déjà tourner la tête avec ses petites robes sous lesquelles regarde le soleil

Mais quand s’approche la nuit comme une locomotive à vapeur entrant en gare tu sais bien la fée Clochette qu’elle éclaire ce qu’elle peut


© Éditions Orage-Lagune-Express, 2013. Droits réservés pour le texte.

Image de Fée Clochette empruntée ici

07 mars 2013

Cherche un arbre

arbre,parking,usine,caserne,stade,littérature,blog littéraire de christian cottet-emard,poésie,récit,note,carnet,journal,ébaucheOù tu sens te gagner le stade la caserne et l’usine

Si tu te vois nulle part sur un parking où finit ce faux monde

Cherche un arbre

Chercher un arbre oblige à relever la tête et à voir ce que chacun même le dernier des ratés peut contempler tranquille le ciel

Le ciel pour tous

Et s’il n’existe aucun arbre en ces parages alors aussi vite que tu peux

Fuis

 

© Texte et photo, éditions Orage-Lagune-Express 2013. Droits réservés.

22 février 2013

Passage de l’élégie

poésie,nuit,lune,croissant,café,aube,perce-neige,peinture,tableau,toile,gabriel guy,viennoiserie,arts plastiques,veyziat,oyonnax,ain,rhône-alpes,bresse,couleur,cartonnier d'aubusson,aubusson,verrier,orage-lagune-express,blog littéraire de christian cottet-emard,le grand variable,le pétrin de la foudre,interludes narratifs,le congé du buveur,tournesolDans ces cités au sud des femmes le petit monde des rocailles insinuait de rues en places tous ses chuchotements à portée d’hirondelles

Vasques et platanes à la clé de ce chant

Enfin les temples les arènes avaient fini par en mourir tandis que brasillaient dans les collines les buissons noirs de souvenirs

Puis après des années d’épines une parole en flamme en l’arbre sombre de mémoire

Les derniers ciels de ce pays accompagnaient au nord l’absent

Un orage dormant par les ifs et les vignes l’avait brouillé avec son ombre en lui léguant le goût des asperges sauvages dont les saveurs ouvrent la faim


Note : toujours en hommage au peintre Gabriel Guy récemment disparu, ce texte datant de la fin des années 80 (légèrement remanié aujourd'hui) paru dans mon recueil Le Pétrin de la foudre (éditions Orage-Lagune-Express, 1992). Pour cette édition, Gabriel Guy avait encarté le tournesol reproduit ici avec un assemblage différent de deux couleurs pour chaque exemplaire de tête. Il s'agit ici de l'encartage de mon exemplaire personnel avec la dédicace de l'artiste : « Premier livre ensemble et le deuxième ? Amitiés - G. Guy » .