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01 novembre 2021

Mon quatrième poème de la Toussaint et du jour des Défunts (extrait)

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À la Toussaint, mon esprit est la maison que je veux accueillante et joyeuse pour mes défunts,
 
 
la douce maison des morts
 
 
tant je fus toute ma vie heureux et choyé dans leurs terrestres demeures.
 
 
Je les attends comme ils m’ont espéré
 
 
s’ils veulent bien venir au seuil de ma mémoire
 
 
et ni la nuit ni le froid ne m’atteignent quand je leur ouvre ma porte
 
 
car je ne vois dehors dans le vent que l’envol des feuilles d’automne qui fut leur danse enfantine et leur grande valse.
 
 
Je les connais tous, même ceux qui sont nés et ont vécu lorsque je n’étais pas encore parce que nous parlons d’eux autour de la grande table.
 
 
Comme ce grand récit nourrit bien, autant que les mets et les vins,
 
 
et qu'il est bon de rire de leurs rires et de pleurer de leurs larmes.
 
 
 
Extrait de : Encens, marbre et bruyère, ensemble intégré à mon recueil Estime-toi heureux. © Éd. Orage-Lagune-Express.
Feuilles d'automne sur la route forestière (photo MCC)
 

02 mars 2021

Carnet / L'instant du voyage

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Être disponible à l'instant et le revivre en pensée plus tard, tel est le plaisir du voyage. Le retour sur l'instant passé n'est pas seulement un souvenir mais une sorte de double vie. Quelques jours ou des années voire des décennies peuvent séparer un bel instant d'un autre. Parfois, l'instant unique, réel et revécu en rêve éveillé, devient alors comme une maison du retour dont on peut franchir le seuil à volonté, l'esprit léger.

 

Texte extrait de l'album photo Escapades, de mon recueil Carnets de voyage et du premier volume de mon livre Prairie Journal (carnets 2006-2016) © éditions Orage-Lagune-Express.

Photo : Lisbonne, 2014 (photo Christian Cottet-Emard).

 

27 octobre 2020

Le virage du pays natal

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Photo © Christian Cottet-Emard

 

Tu conduis sur les jolies routes ainsi les désignait ton père avant que ne vienne ton tour de tenir le volant et de voir défiler le paysage de toujours

 

Le paysage de toujours pourtant différent du seul fait que tu sois passé de la banquette arrière au siège avant

 

L’herbe des talus les vieilles bornes la maison vide du garde-barrière le château d’eau

 

le goudron qui coupe la forêt en deux

 

les grandes fougères qui s’inclinent au passage de l’auto les feuilles de charme de foyard de noisetier qui s’envolent dans la lunette arrière

 

le bras d’une rivière ombreuse à l’onde rapide les ponts sur la brume

 

le restaurant au menu très ordinaire l’autorail bicolore trente secondes dans la même direction puis qui prend la tangente

le tracteur piloté par une jeune femme rousse toute menue

 

le hérisson qui a de la chance la buse variable sur un poteau de ligne électrique les géraniums d’un hameau désolé

 

le cimetière à la grille rouillée où s’alignent quatre tombes de petits jeunes de vingt ans morts pour une querelle de vieux vampires consanguins à particules et à la progéniture reconvertie en barons et capitaines d’industrie

 

les wagons abandonnés la draisine en panne des années cinquante sur une voie de garage

 

l’horaire des messes l’enseigne décolorée Vin fou la drôle d’odeur les gouttes sur le pare-brise l’éclaircie

 

le soleil du soir dans les yeux le grand-père à sa fournache

 

le nuage en forme d’ours le coup de vent qui emporte un journal

 

la ligne droite entre les platanes la grande côte en lacets la falaise

 

encore l’autorail très loin accroché à flanc de montagne l’épingle à cheveux la descente

 

le mauve bonbon d’une ampoule d’éclairage public pour deux maisons

 

la déviation par la petite route au bord de la rivière profonde le héron

 

le clocher les bâches de la fête foraine le lac le petit barrage les nids-de-poule sous l’allée de saules

 

la pipistrelle la lune dans les frênes le dos d’âne le panneau Fin de déviation

 

Et bientôt ce virage après toutes choses banales dit-on qui ne cesseront de t’étonner

 

le virage du pays natal où tout semble à peine moins étrange

 

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