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13 février 2015

Carnet / Petits remontants

Un bol d’air urbain hier après-midi pour oublier quelques heures le spectacle désolant de ces tas de neige qui n’arrivent pas à fondre autour de la maison. Il est certes dommage de devoir faire des kilomètres en voiture pour de simples courses mais le shopping ne m’a jamais déplu

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Rien trouvé de ce que je cherchais dans les librairies. L’une des raisons est la rotation de plus en rapide des tombereaux de nouveautés qui passent de moins en moins de temps en rayon. Résultat, un livre jauni et poussiéreux qui a traîné en stock devient une rareté, un coup de chance, un luxe. Le mouton à cinq pattes se capture maintenant sur internet. Je ne jette pas la pierre aux libraires mais c’est ainsi et rien ne pourra plus empêcher cette évolution. J’ai bien fait de ne pas choisir ce métier ainsi que j’en avais formé le projet à dix-neuf ans avant d’entamer une formation qui a quand même duré presque un an avec des stages en magasin. De toute façon, cette formation m’a au moins démontré que j’aurais été incapable de tenir une librairie ou d’être simple vendeur. 

En tant que client, le type même de librairie qui m’agace est celle où l’on se précipite sur moi pour me demander si j’ai besoin d’aide et dans laquelle les livres sont hérissés de fiches ou émaillés de post-it paluchés de formules nous vantant des livres « à découvrir absolument » , des auteurs au « style ébouriffant » , des écritures « au scalpel » , des textes « à l’os » des narrations « sans une once de gras » et des pages si « jubilatoires » qu’on se croirait dans l’annexe de réception des services de presse à la rédaction de Téléramuche.

Désolé, c’était l’épisode grognon, sans doute parce que j’ai retrouvé mes tas de neige. Allez hop, un petit coup de Woodford, et sans glace surtout.

10 janvier 2015

Carnet / Mieux vaut en rire

Sur Arte 28 minutes vendredi soir, Sylvie Brunel exprime son aversion pour Michel Houellebeck (c'est son droit) et reproche à l'Obs de faire sa Une avec ce romancier qu'elle qualifie de « répugnant ».

Elle suggère alors à l'Obs de faire plutôt sa Une avec Éric-Emmanuel Schmitt, ce qui relève du plus haut comique, le seul talent de ce dernier se résumant à de bons titres. Je me suis fait avoir une fois avec La rêveuse d'Ostende, alléché par ce titre merveilleux ne débouchant hélas que sur des narrations paresseuses et bâclées, telles de grosses structures molles soutenues à grand-peine par les béquilles d'une écriture indigente.

Une bonne raison de lire Houellebeck qui n'est certes pas un styliste mais un vrai romancier qui a tout compris de son époque et l'a montré dès la parution de son fameux Extension du domaine de la lutte.

Je n'ai pas encore lu Soumission car je  sors à peine d'une année difficile pour mon moral et le sujet de cette fiction est assez effrayant pour que je programme cette lecture à un moment où je me sentirai plus solide.      

29 juillet 2014

Presse culturelle de grande diffusion : nous en rêvons, ils ne le font pas.

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Dans le numéro courant du 26 juillet au 1er août, une malheureuse page dont un quart est mangée par un graphisme noir et blanc n’affiche que trois critiques d’ouvrages, comme si l’édition avait du jour au lendemain suspendu toute activité, comme s’il n’existait plus un seul livre récent voire malencontreusement négligé durant l’année qui soit jugé digne d’être promu.

Le pire est que cette pénurie qui va durer toutes les vacances (au moment où le lectorat est éventuellement plus disponible, plus attentif à la lecture) va se terminer brutalement dès la rentrée avec l’avalanche des centaines de nouveautés qui vont de nouveau ensevelir les tables de libraires et de chroniqueurs débordés. La fin des restrictions de pagination ne changera rien à ce gâchis qui se traduira comme d’habitude par des centaines de livres morts nés et d’auteurs disqualifiés dès leur première publication sous prétexte qu’ils n’auront pas eu de presse.

Quant à la petite édition au milieu de ce maelström, n’en parlons même pas (ce à quoi s’appliquent d’ailleurs avec constance les médias et journalistes de la presse culturelle industrielle) dont Télérama et Le Monde font partie. Au Monde, puisque nous en parlons, le supplément Livres disparaît carrément pendant les vacances, laissant place à quelques colonnes de notes de lecture faméliques. En revanche, notons-le au passage, le cahier Économie / Entreprise arrive toujours à l’heure, les affaires continuent.

Si ce n’était pécher par naïveté, il serait utile de se demander pourquoi un magazine tel que Télérama et un quotidien tel que Le Monde ne pourraient pas profiter de la pause estivale pour ouvrir leurs pages à la petite édition, quitte à confier à des stagiaires la mission de présenter et de critiquer les ouvrages d’auteurs condamnés la plupart du temps à une visibilité nulle ou réduite parce qu’ils sont publiés en dehors des grands circuits de diffusion.

« Vous rêvez » m’a un jour répondu une sous-chef de service d’un grand magazine littéraire avec qui je discutais de ce sujet au téléphone. À cet argument définitif, je répondrai toujours de la même manière : c’est justement parce que nous rêvons en permanence de découvertes, nous autres lecteurs de littérature, que nous renouvelons nos abonnements à la presse culturelle et littéraire.

Si cette presse n’a plus ou ne se donne plus les moyens de contribuer à nourrir ce rêve sous prétexte qu’elle est tout entière occupée à servir la soupe (la soupe étant ce petit groupe d’auteurs hypermédiatisés qui reviennent à chaque rentrée avec la régularité du liseron après avoir laborieusement honoré leurs contrats), la tentation serait alors de plus en plus grande d’aller chercher — avec un non négligeable profit économique — sur internet ce que nous avons de plus en plus de mal à trouver dans la « presse papier » .

Rêver n’empêche nullement de faire parfois preuve de pragmatisme.

Photo : rubrique Livres de Télérama n° 3367 : trois ouvrages sélectionnés ! Pour mémoire, tirage du précédent n°: 611609. Parfois, les chiffres parlent !