Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22 août 2020

Littérature et bande dessinée en Saône-et-Loire autour de l'exposition « Les Larmes de Cluny »

salornay-sur-guye,saône-et-loire,moulin de la clochette,exposition,bd les larmes de cluny,bande dessinée,album,philippe borrini,marie galle,librairie éphémère,éditions le pont du change,alphonse allais,léon bloy,christian cottet-emard,roland counard,frédérick houdaer,jean-jacques nuel,marie-ange sebasti,roland tixier,poésie,littérature,roman,nouvelle,chronique,blog littéraire de christian cottet-emard,dessin,poterie

Ce week-end (22 et 23 août), se tient à Salornay-sur-Guye (Saône-et-Loire), au Moulin de la Clochette, une exposition « Les larmes de Cluny », consacrée à la bande dessinée de Philippe Borrini et Marie Galle.
Le samedi 22 à 17 heures, rencontre avec Philippe Borrini, comédien, auteur et potier.
Une librairie éphémère propose les ouvrages de Philippe Borrini, ainsi que les livres les plus récents de Jean-Jacques Nuel, et les titres des auteurs des éditions Le Pont du Change : Alphonse Allais, Léon Bloy, Christian Cottet-Emard, Roland Counard, Frédérick Houdaer, Jean-Jacques Nuel, Marie-Ange Sebasti, Roland Tixier.

 

 

06 mai 2020

Carnet / Nachtmusik

carnet,note,journal,écriture autobiographique,blog littéraire de christian cottet-emard,musique,nachtmusik,gustav mahler,septième symphonie,chant de la nuit,orage,lune,toits,iris,lilas,regard,brume,nuit,christian cottet-emard,enfance,forêt,bois,loup,roman,fiction,écriture,littérature,album photo d'enfance,voyage dans le temps,confinement

Chez moi, nuitamment.

(En écoutant la Nachtmusik de la septième symphonie de Gustav Mahler)

Après le bref orage, clair de lune vaporeux ce soir. Les toits mouillés des maisons voisines luisent sous la clarté opalescente des moutonnements de nuages qui semblent agrandir à l’infini le ciel laiteux. Des voiles de vapeur parfumée à l’iris et au lilas montent des herbes trempées et se dispersent dans les haies froissées d’une aile d’oiseau au sommeil troublé.

La nuit légère d’un beau printemps ignore les inquiétudes et les tourments humains mais serait-elle aussi réelle si aucun regard conscient ne pouvait la contempler afin d’en concevoir des tableaux, des musiques, des poèmes ou de simples rêveries ?

***

Au cours de ma vie principalement organisée en privilégiant la sécurité, le calme et le retrait, il s’est passé plus de choses extraordinaires, inexplicables et inattendues que dans les récits de fiction les plus débridés. J’ai toujours ce constat à l’esprit lorsque je travaille à l’écriture romanesque et je me demande même pourquoi j’éprouve le besoin d’écrire des histoires dans lesquelles tout ou presque est inventé. La réalité autobiographique est tellement plus subtile et plus riche que ce laborieux bricolage narratif qu’est le roman, à moins qu’on ne parle du roman historique et des grandes fresques sociales que je ne pratique pas.

***

Puisqu’on ne peut guère parcourir les chemins, on peut toujours voyager dans le temps, surtout dans le passé. Le véhicule est des plus simples, l’album des premières photos. Quelques pages tournées suffisent pour tisonner l’étonnement d’avoir été un bébé, un bambin puis, très vite, un gamin réservé et ombrageux.

On sort de l’enfance comme le loup du bois.

 

23 avril 2020

Carnet / D’une étrange attirance

carnet,note,journal,autobiographie,souvenirs,armes,pistolet,revolver,roman,nouvelle,fiction,blog littéraire de christian cottet-emard,conflits mondiaux,uhlans,arrière-grand-mère,souvenir d'enfance,jeux d'enfance,christian cottet-emardBien que ni la chasse ni le tir sportif ne me tentent, les armes à feu ne me laissent pas indifférent. Je suppose que pour moi, elles seraient comme la bombe atomique pour une nation, ce n’est pas parce qu’on est content de l'avoir qu’on aimerait s'en servir.

Je m’abandonnerais encore plus facilement au charme bucolique de la nature et aux rêveries poétiques qui vont avec si, lors d’une promenade, ma main pouvait s’assurer de la présence d’une arme chargée dans ma poche. La loi me l’interdit mais pour mes personnages, c’est une autre histoire ! Lorsque j’écris un roman ou une nouvelle, j’ai un vrai plaisir à me documenter sur les armes de poing dont je peux les équiper lorsqu’ils évoluent en eau trouble.

Ce goût me vient de mon enfance désormais lointaine. À cette époque, les années soixante du vingtième siècle, les magasins de jouets regorgeaient de revolvers et de pistolets si réalistes qu’ils étaient utilisés par certains truands amateurs qui avaient la mauvaise idée de s’en servir pour des braquages, le genre de projet qui peut vous envoyer à l’ombre pour autant d’années que si l’arme n’est pas factice, et c’est très bien ainsi.

Dans la propriété de mes grands-parents où, tout gosse, je passais la plus grande partie de mon temps, la cour intérieure, le jardin et le hall résonnaient plus que de raison des pétarades de mes jouets favoris. Il s’agissait de deux lourds colts en métal chromé dont on appelait les munitions, bien sûr sans projectiles, des amorces.

carnet,note,journal,autobiographie,souvenirs,armes,pistolet,revolver,roman,nouvelle,fiction,blog littéraire de christian cottet-emard,conflits mondiaux,uhlans,arrière-grand-mère,souvenir d'enfance,jeux d'enfance,christian cottet-emardCela se présentait sous forme d’étroits rubans de papier rose garnis sur toute leur longueur de petites pastilles de poudre. On les disposait enroulés dans le chargeur de l’arme et le percuteur les faisait détonner à répétition, ce qui faisait beaucoup de bruit et dégageait pas mal de fumée accompagnée de l’odeur de la poudre brûlée. Assez réaliste !

Rien ne m’excitait plus que d’appuyer sur la détente dans les endroits les plus sonores, notamment ce fameux hall carrelé aux murs peints dans les années trente d’où partait le grand escalier menant au premier étage, ce qui n’était vraiment pas du goût de mon arrière-grand-mère exposée à ce vacarme à quelques mètres de son appartement.

Il échappait à mon insouciance d’enfant qu’elle était née à la fin du dix-neuvième siècle, plus exactement en 1882, et qu’elle pouvait donc prétendre, malgré sa santé de fer hélas doublée de longs épisodes dépressifs, à un repos bien mérité jusqu’à la fin de sa vie qui survint en 1978 alors que j’avais dix-neuf ans.

Elle avait trente-deux ans en 1914 et cinquante-sept en 1939 mais lorsqu’elle me parlait des deux guerres mondiales, c’était toujours sous le coup de la frayeur transmise dans la mémoire traumatique familiale par l’incarnation de la figure de l’ennemi prussien, les uhlans, même si ces cavaliers armés de lances ne furent engagés qu’au début de la guerre de 14 avant d’être envoyés comme fantassins dans les tranchées.

Contrairement à d’autres membres de ma famille qui s’en désolaient, mon arrière-grand-mère semblait indifférente à ma préférence de petit garçon pour les jeux guerriers et les armes. C’est en pensant à elle que j’ai écrit une courte nouvelle sur le thème des uhlans. Tous les récits familiaux des deux conflits mondiaux et du conflit algérien ont réussi à me transmettre le dégoût de la guerre mais, paradoxalement, pas celui des armes individuelles, en particulier les armes à feu.