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19 mars 2018

Élégie sur la maison d'enfance

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Tu naviguais à vue dans la houle d’un songe il te dicta cette élégie funèbre

 

Il était trop tard pour habiter encore la maison d’enfance

 

Le portail s’ouvrit sur ce monde de ténèbres qu’elle était devenue et tu la rachetas à prix d’or afin d’en chasser tous les inconnus

 

L’argent les dispersa comme des spectres mais plus rien ne pouvait ramener le vieux tilleul à sa place même si ses racines erraient encore sous la terre désormais sans mémoire

 

Alors tu fis raser les murs jusqu’aux fondations pour ouvrir un grand pré où tu plantas un nouveau tilleul

 

Cette colère en toi s’en apaisa ce feu d’enfer dans un bloc de glace devint la douce flamme de la bougie qui luit dans l’ombre pour éclairer et réconforter non pour brûler

 

(Extrait de mon poème Paysage / Évasion, sixième partie)

© Éditions Orage-Lagune-Express, 2018

 

27 janvier 2014

PAYSAGE / ÉVASION (extrait)

PAYSAGE / ÉVASION est un long poème en composition permanente qui compte actuellement cinq sections. Commencé au début de la décennie 2000 ou peut-être un peu plus tôt, avec des périodes d'interruptions plus ou moins longues, il se terminera le jour de ma fin ou lorsque je ne serai plus capable d'écrire. Tel en est du moins, jusqu'à nouvel ordre, le projet littéraire de départ. Des extraits d'autres sections ont été publiés en revues ou mis en ligne à l'occasion d'opportunités et de circonstances diverses. L'extrait suivant est tiré de la cinquième section.

Tu as été capturé par le paysage de ton enfance

Cela s’est produit le jour où croyant le connaître par cœur tu t’es aperçu qu’il était inépuisable

Tu avais beau l’arpenter dans tous les sens il était infini

Familier et infini le long de ces petites routes de campagne de ton jeune âge et que tu reconnais aujourd’hui même si quelques coupes forestières ont dégagé des horizons

Ces horizons n’ont rien de nouveau ils ne sont que révélés et s’intègrent donc en quelques promenades dans ton paysage d’enfance

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Tout cela forme un cadre dans lequel tu as sauté à pieds joints où désormais demeure ton aventure

Car c’est bien d’aventure qu’il s’agit un pas devant l’autre en est une et il n’est pas obligatoire d’aller la chercher aux antipodes

« Qu’ils voyagent donc, ceux qui n’existent pas ! » a écrit Fernando Pessoa

Tu as quant à toi beaucoup de mal a exister dans d’autres paysages que « les tiens » ce qui ne signifie pas que tu refuses les autres paysages

Simplement tu ne peux pas te fondre en eux alors que tu en as tout le loisir dans ceux de ton environnement habituel

Cette fusion n’est que partielle elle est à son minimum dans ta ville face à laquelle tu tiens tes distances elle atteint son apogée dans la campagne et dans la forêt alentour notamment sous l’effet des arbres

Mais tu trouves aussi en eux la protection contre ce terrible danger qu’est la fusion totale en quelque chose ou en quelqu’un

Un frôlement d’aile une brindille qui craque sous le pas une branche qui fléchit une ramure qui frémit et te voici de nouveau à distance appliquant ainsi la leçon des créatures dont l’inquiétude et la brève fuite à ton passage participent de la vie du paysage

Photo : depuis une fenêtre du séjour, chez moi, dimanche 26 janvier 2014 en fin d'après-midi.

© Orage-Lagune-Express 2014