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10 janvier 2019

Auto-édition : pourquoi franchir le Rubicon ?

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Malgré la parution de mes livres grâce à de petites maisons attentives qui m’ont donné toute satisfaction, j’aimerais beaucoup entreprendre l’auto-édition de certains de mes prochains ouvrages, c’est-à-dire maîtriser entièrement seul la totalité du processus de publication avec les récents outils spécialement créés à cet effet.

De plus en plus d’auteurs tentent de sauter discrètement le pas, y compris certains publiés par de grandes enseignes au prestige souvent inversement proportionnel à leurs résultats. Certes, les tirages et les ventes des best-sellers font-ils encore illusion dans le grand public mais pour quelques stars qui font vivre leurs éditeurs et entretiennent le mythe, combien de centaines d’auteur(e)s en contrat classique désormais en-dessous du seuil de rentabilité commerciale dans ce système au bord de l’asphyxie ?

Sans vouloir me répéter dans l’analyse de ce problème, les seuls chiffres de la rentrée littéraire de janvier communiqués par le Figaro parlent d’eux-mêmes : 336 romans en publication dont 77 premiers romans censés (en théorie) trouver leur place sur les tables des librairies, ces dernières n’ayant que quelques semaines pour absorber cette vague, laquelle ayant à peine déferlé sera rapidement et massivement suivie par celle de la rentrée de printemps ou d’été. On ne sait même plus comment nommer ces rentrées successives tant elles finissent par se rapprocher les unes des autres.

Qui aura le temps d’acheter et de lire tout cela avant la prochaine submersion ? C'est tout bonnement impossible. Et je ne parle pas du prix des nouveautés (dans les 20 €) alors que de plus en plus en plus de monde se fournit en occasion et en éditions de poche.

Sans pour autant se plaindre de l’abondance, il n’est pas difficile de comprendre qu’après avoir sorti sans trop barguigner ses 22 € pour Sérotonine, le client ne sera pas forcément disposé à débourser un autre billet en règlement d’un des 77 premiers romans proposés dans la même période que le septième du chevronné Michel Houellebecq, d’autant que parmi ces primo-romanciers dont certains sont complètement inconnus, beaucoup sont par avance voués à voir leurs livres retournés aux éditeurs à peine déballés puis pilonnés.

Il faut chercher les raisons de l’absurdité apparente de cette spirale de surproduction dans les logiques comptables liées aux impérieux besoins de trésorerie à court terme des éditeurs. Cela se joue dans la diffusion / distribution. Bien que légales, ces pratiques longtemps reléguées à la peu glamour arrière-cuisine financière du monde de l’édition finissent par apparaître au grand jour comme c’est toujours le cas lorsqu’une crise grave affecte un système entrant dans sa fin. Les perdants de plus en plus nombreux en exposent plus volontiers les errements et du coup, le système devient beaucoup moins attractif ! Nombre d'auteurs ne prennent même plus la peine de soumettre leurs ouvrages aux comités de lecture et préfèrent s'éditer eux-mêmes en passant par les services de publication individuelle aux logistiques les plus puissantes et les plus efficaces comme Amazon. 

Ainsi Alice Develey écrivait-elle dans le Figaro du 3 janvier dernier : Le monde de l’édition ressemble à s’y méprendre à un fauteuil roulant que l’on continue de pousser sans savoir quand ses pneus vont crever. Rien d’illégitime à l’envie d’en essayer un autre, longtemps vieux et bancal lui aussi mais auquel la technologie et les nouveaux médias ont donné une nouvelle jeunesse et une belle vigueur, l’auto-édition en ligne (papier et numérique) sur les plateformes les plus sérieuses et performantes.

Le seul obstacle qui m’empêche encore quant à moi de franchir le Rubicon est à mes yeux la difficulté technique mais au vu des fulgurants progrès réalisés en ce domaine en moins d’une décennie et qui conduisent aujourd’hui à une révolution aussi silencieuse que radicale dans l’édition, j’ai bon espoir d’accéder à cette liberté inédite !

 

04 décembre 2018

Mes Poèmes du bois de chauffage sur Radio B

 

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Merci à Christian Lux qui a consacré une heure d'antenne à mes Poèmes du bois de chauffage et autres récits de l'homme invisible sur Radio B dans son émission L'Art c'est pas du Lux. Remerciements aussi à Théophile qui était aux manettes et à la directrice de la station Élodie Gadiollet. Voilà qui m'a rappelé de bons souvenirs de l'époque où je faisais également de la radio.

Ici, podcast de l'émission.

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Photos : dans le studio de Radio B avec Christian Lux (à gauche) 

 

 

16 novembre 2018

La postface de mon recueil Poèmes du bois de chauffage

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Les titres de ces quatre suites et de ce grand poème étrangement réunis en un volume témoignent d’une faible confiance en la poésie et, d’ailleurs, en quoi que ce soit. J’en veux pour preuve la notule dans laquelle il prend le contrepied d’André Breton, un poète qu’il admire mais qu’il n’aurait pas forcément aimé rencontrer : Il y a un message au lieu d’un lézard sous chaque pierre (extrait d’Épervier incassable dans Clair de terre). On trouvera donc plus le lézard que le message sous les pierres dans cette poésie qui n’en est pas vraiment une si l’on en croit l’homme décalé, ni campagnard ni citadin, certes disponible aux signes du monde parfois lisibles dans les lignes du bois mais distant vis-à-vis de toute idéalisation de la nature. Ainsi, le narrateur des Poèmes du bois de chauffage n’est-il pas en quête d’une expérience spirituelle de la nature qui constitue pourtant le cadre intime de sa vie quotidienne.
 
Il en va de même dans l’environnement souvent moins rustique et plus urbain de La vie au bord, un ensemble qui devait à l’origine s’intituler Flash code, titre auquel l’auteur a renoncé pour le réserver à une autre série en voie de publication. La ligne narrative de La vie au bord diffère peu de celle des Poèmes du bois de chauffage. Thématique restreinte, expression volontairement relâchée voire revendication d’une certaine trivialité mais nul excès de noirceur dans ces paysages à peine ébauchés tels des croquis dans un carnet virtuel où glissent parfois des silhouettes furtives et silencieuses. Bien qu’en marge de tout groupement et de toute chapelle, C C-E se reconnaît tout de même en matière d’écriture apparentée à la poésie dans la tendance au retour à la narration en ce début du 21ème siècle. Il est donc logique de trouver des personnages dans ses poèmes.
 
Paysage / Évasion se veut autant narratif que les deux ensembles précédents mais s’en éloigne par son ton plus grave et son rythme plus ample accordé à celui de la marche du narrateur. L’emploi de la deuxième personne du singulier n’est pas une figure de style mais plutôt une allusion ironique à l’habitude de parler tout seul lorsqu’on est isolé et mélancolique.
 
On retrouve ce mode de narration à la deuxième personne dans La lune du matin. Le sous-titre et autres récits de l'homme invisible exprime le paradoxe de l'individu occidental tiraillé entre le désir de reconnaissance et l'aspiration à l'anonymat.
 
Au moment de conclure, je m’aperçois que j’ai adopté un ton un peu trop sérieux pour évoquer ces quatre ouvrages alors que leur auteur est le premier à les considérer comme des fantaisies mineures en raison, de son propre aveu, de leur composition aléatoire et paresseuse.
 
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Preben Mhorn