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10 avril 2015

Carnet / De l’étendage

carnet,note,journal,écriture de soi,prairie journal,blog littéraire de christian cottet-emard,autobiographie,christian cottet-emard,linge,drap,étendage,lessive,air,vent,lumière,bise,silhouette,nuage,étoffe,tissu,cinéma,temps,espace,ettore scola,une journée particulière,sophia loren,marcello mastroianni,espace temps,amarcord,federico fellini,poésie,l'alerte joyeuse,éditions orage-lagune-express,droits réservés,copyrightGrand soleil et petite bise depuis quelques jours, l’idéal pour les lessives qui sèchent vite en plein air.

Étendre du linge et des draps dans la lumière d’une belle journée réveille toujours en moi mes premiers souvenirs poétiques.

Enfant, je m’attardais souvent au milieu de l’étendage où j’entrais comme par effraction dans un monde de silhouettes furtives, dans une cabane aérienne. C’était comme ouvrir la porte d’un nuage parfumé où je pouvais me promener. « On t’a vu ! » disaient les adultes qui me croyaient trahi par mon ombre alors que je ne cherchais pas à jouer à cache-cache.

Aujourd’hui, à bientôt cinquante-six ans, c’est pour moi la même sensation, intacte.

L’étendage est un espace-temps miniature, un monde intermédiaire qui rend l’instant habitable. Le temps, à l’instar des étoffes, peut y être lui aussi suspendu. On le voit par exemple dans le film d’Ettore Scola, Une Journée particulière, dans une séquence où Sophia Loren et Marcello Mastroianni dialoguent au milieu du linge étendu sur le toit d’un immeuble. J’ai aussi en mémoire le début d’un de mes films fétiches de Federico Fellini, Amarcord, qui commence par des draps qui bougent dans le vent.

La lessive confiée à l’air et à la lumière a toujours fait pour moi référence à la joie, même dans les périodes de doute ou de désarroi.

C’est après avoir suspendu une lessive dehors que j’avais écrit ce texte intégré à mon recueil L’Alerte joyeuse, dans les années 90 :

Avant le linge et les draps rendus au vent utile, j’avais oublié la présence de l’air.
Est-ce possible ? Autant ne plus se souvenir de vivre ! Qu’est-ce qui peut distraire quelqu’un de la présence de l’air ?
Peut-être quelque chose ou quelqu’un d’autre qui n’existe pas mais qui règne.
Peut-être un vide qui prend toute la place, y compris celle de l’air ?
Linge et draps de ma maison, étendards de mes retrouvailles avec l’air, voiles de mes départs et de mes retours, montrez-moi qui, de mon ombre ou moi-même, sait le mieux habiter le courant des nuages.

(© Éditions Orage-Lagune-Express, 1997)

09 août 2014

À un saule

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L’eau le long du saule est son seul chant dans le soleil

Le vent n’est pas son mouvement ses gestes l’onde et le frisson

Il noue le temps dans son écorce et n’attend rien puisque sa chance est d’être un saule

 

© éditions Orage-Lagune-Express, 2014.

Photo Ch.Cottet-Emard

25 août 2011

Immaturité



Qu’est-ce que le vent de l’air qui se sauve lisais-tu en ces années soixante du vingtième siècle peut-être dans ton livre Pourquoi comment

De l’air qui se sauve qui se sauve de quoi qui se sauve où pourquoi comment où va le vent

Le vent tombe meurt dans quoi tombe-t-il où meurt-il pourquoi comment te soucier du vent encore aujourd’hui quelle idée

Vidéo : la brise dans les frênes, chez moi, ces derniers jours.