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02 mai 2013

Journée parfaite d’un enfant craintif à la fin des années soixante du vingtième siècle

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La classe n’a laissé aucune trace jamais la maison n’a été si proche si grande et si solide

Tu entends souvent le jardin donne la lune renouvelle

Tu penses clairement comme il est rare à cet âge tout va bien moi-même et mes proches avons encore longtemps à vivre

Aujourd’hui est une journée parfaite comme on s’en rappelle n’importe où et n’importe quand

Demande aux gens que tu connais s’ils se souviennent d’une journée parfaite comme ça pour voir

 

Photo : la lune dans les branches vue de chez moi l'autre soir.

© Éditions Orage-Lagune-Express, 2013. Droits réservés pour texte et photo.

01 avril 2013

Joyeuses Pâques (extraits)

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À l’école Jeanne d’Arc et au collège Saint-Joseph il était interdit d’écrire « il y a » dans les rédactions mais qu’importe étant donné qu’aujourd’hui c’est une autre affaire « des images inédites du satellite Planck dévoilent l’enfance du monde »

Que l’enfance du monde ressemble à un œuf en chocolat voilà une pensée amusante pour le jour de Pâques une pensée d’enfant mais qui t’attriste désormais car aujourd’hui tu n’es plus qu’un homme perplexe qui allume sans conviction des veilleuses et des cierges dans les églises juste pour le plaisir de voir danser une petite flamme dans l’ombre ainsi soit-il

Qu’est-il arrivé pour qu’il en soit ainsi peu de choses finalement à part la vaillante petite flamme de la bougie

La pauvre Laïka abandonnée sur Terre comme au Ciel et propulsée pour son plus grand malheur Héroïne Nationale pourquoi

Pour que les descendants de Spoutnik puissent photographier ce qui n’existe déjà plus depuis l’éternité des éternités humaines quelques excréments humains sur la lune de la ferraille sur Mars et Planck fixant « l’enfance du monde » au profit de la Communauté européenne et de ses journalistes poètes à leurs heures

Un roi de France neurasthénique qui demandait à un astronome ce qu’il y avait derrière les mondes révélés par sa lunette et l’astronome de répondre sans doute d’autres mondes Majesté et probablement derrière ces autres mondes encore d’autres mondes

Et contre cette angoisse gigogne aujourd’hui comme au temps du roi cafardeux toujours pas d’autre remède que le pascalien pari en ce week-end pascal reportant au lundi le syndrome du dimanche soir

© Éditions Orage-Lagune-Express, 2013. Droits réservés.

Lien sonore : signal de Spoutnik.

22 février 2013

Passage de l’élégie

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Vasques et platanes à la clé de ce chant

Enfin les temples les arènes avaient fini par en mourir tandis que brasillaient dans les collines les buissons noirs de souvenirs

Puis après des années d’épines une parole en flamme en l’arbre sombre de mémoire

Les derniers ciels de ce pays accompagnaient au nord l’absent

Un orage dormant par les ifs et les vignes l’avait brouillé avec son ombre en lui léguant le goût des asperges sauvages dont les saveurs ouvrent la faim


Note : toujours en hommage au peintre Gabriel Guy récemment disparu, ce texte datant de la fin des années 80 (légèrement remanié aujourd'hui) paru dans mon recueil Le Pétrin de la foudre (éditions Orage-Lagune-Express, 1992). Pour cette édition, Gabriel Guy avait encarté le tournesol reproduit ici avec un assemblage différent de deux couleurs pour chaque exemplaire de tête. Il s'agit ici de l'encartage de mon exemplaire personnel avec la dédicace de l'artiste : « Premier livre ensemble et le deuxième ? Amitiés - G. Guy » .