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26 avril 2019

Carnet / Édition : des sujets qui fâchent

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Si je peux facilement comprendre les griefs des libraires à l’encontre d’Amazon, j’ai un peu plus de mal avec l’hostilité affichée des éditeurs envers ce spécialiste de l’auto-édition.

J’entends toujours les éditeurs (petits et grands) se plaindre d’être ensevelis sous des piles de manuscrits non sollicités qu’ils reçoivent par la poste.

Ne devraient-ils pas plutôt se réjouir d’être progressivement délestés de tous ces textes indésirables dont une grande part peut désormais converger vers les plateformes d’auto-édition telles qu’Amazon ?

En outre, je me demande bien en quoi les relations entre écrivains et éditeurs travaillant dans le circuit classique de l’édition peuvent être compromises par la possibilité offerte à des auteurs qu’ils ne publieront jamais de s’éditer eux-mêmes.

Le patron de la librairie Ombre blanches emploie le mot autorité, certes plus noble, mais c’est en réalité de pouvoir qu’il s’agit. Ce que je lis dans cette hostilité générale envers l’auto-édition relève à mon avis de l’angoisse de la perte d’un pouvoir demeuré longtemps sans partage.

Pour qui s’intéresse à ces questions, je renvoie à un article que j’ai publié dans le troisième numéro de la revue Instinct nomade consacré à l’écrivain Joseph Delteil et sur ce blog ici et .

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12 avril 2019

Carnet / Du voyage nocturne

 

Je me suis toujours considéré comme quelqu’un qui n’a aucun sens de l’orientation.

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Entre dix-sept et trente ans, les années où j’ai été le plus contraint de me déplacer pour des raisons professionnelles, j’en étais même arrivé à la conclusion que je souffrais de débilité spatiale. En réalité, je me perdais partout où j’allais parce que je n’avais pas envie d’y aller !

J’ai commencé à m’en rendre compte lors de mes séjours à Venise, ville où je me repère assez bien parce que je n’ai aucune urgence à le faire lorsque je m’y promène. Mais s’il est une ville dont l’organisation spatiale s’est très rapidement installée dans mon esprit, c’est bien Lisbonne. Pour oublier la neige, j’y flâne ce soir en rêve éveillé puisque j’ai l’impression de ne plus rêver en dormant. Je dors d’un sommeil léger et fatigant déserté par les grands rêves baroques desquels il m’arrivait d’émerger tout ébloui il y a très longtemps.

Ce soir, j’essaie de me conditionner pour une balade en songe à Lisbonne, pourquoi pas dans le grand parc du Principe Real que j’affectionne tout particulièrement ? J’y trouverai bien un banc pour rêvasser au son d’une Gnossienne de Satie (en hommage au grand Aldo Ciccolini tout récemment disparu) extraite de ma discothèque portative, celle que j’ai dans la tête et qui me rend distrait de tout ce qui me fatigue en ce moment d’être français.

Sur le soir, je pourrais descendre direction Restauradores puis remonter vers mon magasin de cigares, juste derrière la statue de Pessoa attablé au très touristique café A Brasileira.

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J’aurais d’ailleurs croisé le poète quelques mètres plus bas au milieu des passants car à Lisbonne, il est partout. La dernière ville littéraire d’Europe, j’ai désormais la chance d’y aller quand je veux. Que mon sommeil lent comme un vieil electrico m’y conduise cette nuit !

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Photos © Christian Cottet-Emard,

(Extrait de Prairie Journal (carnets 2006 - 2016)

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Pour Oyonnax et sa région : disponible à la librairie Mille feuilles d'Oyonnax et à la Maison de la presse de Nantua (Ain)

Un article de Didier Pobel :

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D'autres articles sur Prairie journal ici

 

30 mars 2019

Instinct nomade n°3 / Faut-il canoniser Joseph Delteil ? 270 pages, 15€

Le n°3 de la revue Instinct nomade publiée par les éditions Germes de barbarie est sorti. Il est consacré à l'écrivain Joseph Delteil. Je suis quant à moi présent au sommaire dans la deuxième section (chroniques) de ce numéro. Voici la présentation de l'éditeur :

 
 
 
 
Pour la troisième parution de la revue Instinct nomade, nous avons fait le choix de Joseph Delteil. Cet écrivain unique en son genre est mort en 1978 et continue à être lu aujourd'hui encore par un public de passionnés. En 2018, le quarantième anniversaire de sa mort a été dignement fêté par des rééditions, en revue (Souffles, Europe) et par des spectacles et des hommages publics. C'est sans doute pour cela que nous avons cru prudent d'attendre un peu pour prendre la mesure de l'événement et ainsi éviter les redites. Pour réaliser un portrait le plus fidèle possible, nous avons fait appel à des delteilliens historiques mais aussi à des intervenants plus inattendus.
 
Joseph Delteil (1894-1978) est un écrivain iconoclaste qui n'a pas cessé d'embarrasser la critique : à ses débuts poète symboliste, puis romancier surréaliste, ensuite vaguement historien, plus tard encore chantre de l'Occitanie et enfin autobiographe multimédiatisé au crépuscule de sa vie. Sa particularité est d'avoir été (et d'être encore) un auteur aimé des écrivains et des peintres. Mais il serait réducteur de s'en tenir à ce signe distinctif. Joseph Delteil vaut beaucoup mieux que cela et il reste unique dans le paysage littéraire en digne descendant de Rabelais.
 
Au début des années 20, Joseph Delteil est monté à Paris de son Languedoc natal pour y faire fortune, pour y vivre sa vraie vie : « Arriver un beau matin à Paris n'ayant pour armes et charmes que mes deux sabots : ma naïveté et mon bon sens, et s'y retrouver d'emblée en première catégorie, avec mes pairs Morand, Montherlant, Blaise Cendrars, etc., en tête à tête avec ces demi-dieux qui ont nom Valéry, Gide, Claudel, quelle étonnante aventure ! » Delteil atteint le faîte de sa gloire en 1925 avec une Jeanne d'Arc très controversée qui coupe la France en quatre (trente ans plus tôt l'Affaire Dreyfus l'avait déjà coupée en deux) : ceux qui aiment (Montherlant), ceux qui haïssent (Breton), ceux qui balancent entre deux rives (Claudel) et ceux qui méprisent (Mauriac). Il jouit sans réserve de cette célébrité toute neuve en courant les salons, en séduisant femmes et filles, en jouant ses droits d'auteur à la roulette et sur les champs de course. Il devient une attraction que l'on s'arrache, un phénomène de foire.
 
Mais comme Breton l'avait sans doute pressenti, Joseph Delteil est en train de rentrer dans le rang. S'en suivra un série de biographies romancées (Napoléon, Don Juan, Henri IV) et d'ouvrages évoquant sa région natale qui, sans être de facture classique, n'en seront pas moins perçus comme tels. Frédéric-Jacques Temple – qui avait son rond de serviette chez les Delteil – a sans doute résolu une partie de l'énigme : « Delteil n'est pas un écrivain français, c'est-à-dire parisien, mais un occitan qui utilise le français, langue acquise et non vernaculaire ». Son œuvre a été adaptée au théâtre (Jésus II, François d'Assise), au cinéma (La Passion de Jeanne d'Arc de Dreyer) et le Delteil des dernières années a été considéré comme un sage par les enfants de mai 68.
 
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le cercle des lecteurs de Delteil ne s'est pas rétréci depuis sa mort il y a quarante ans. Et cela peut se comprendre. Au-delà de la féerie lexicale de ses textes, certains de ses livres (Jésus II ou la Deltheillerie) ont des airs d'évangiles : « Rien ici-bas, ni une idée, ni une passion, ni l'art, ni l'honneur, ni Dieu, rien ne vaut la mort d'un homme. Le meurtre, la torture me sont positivement inimaginables, des immonderies. La guerre, la révolution, l'assassinat sont le mal absolu. […] Je suis contre la guerre et contre l'esprit de guerre, où qu'il se dissimule : compétition, confrontation, rivalité, conflit, voire le sport, championnats, alpinisteries, voire la votation (sans compter la boxe, le catch et autres amuse-gueules). Contre le service militaire. Je suis évidemment contre la peine de mort, dans tous les cas et sans exception. Je suis évidemment pour l'euthanasie (quelle honte, quel ridicule respect, quelle monstrueuse piété de laisser agoniser dans d'horribles souffrances, en vain et sans espoir, un grand malade condamné à mort ! Le grand ennemi de l'homme ce n'est pas la mort, mais la souffrance). »
 
Alors, oui, Delteil est un écrivain qui nous fait du bien et qui nous tire vers le haut. Chacun de ses livres nous raconte sa propre histoire, une vie qui a suivi la même courbe que de celle de ses saints (Don Juan et François d'Assise) : une jeunesse dissolue suivie d'une rédemption à l'âge mûr.
 

Ce réquisitoire suffira-t-il pour que le Saint-Siège instruise une demande en béatification ? Pourquoi pas ? Un premier dossier s'est déjà perdu en 1928 dans les couloirs du Vatican (rédigé par André de Richaud avec son livreLa vie de Saint Delteil). Et puis, pour qu'il y ait des saints, il faut d'abord avoir choisi un dieu : « Tout homme a son Dieu, voire les païens plusieurs, et le shinto (Japon) huit millions, mais chacun lui donne son propre nom. Pour moi, Dieu c'est l'instinct princeps. Je crois en Dieu comme le poisson à l'eau, comme l'aigle au vent ». Alors, dans ces conditions, plus aucun doute n'est permis, oui il faut canoniser Joseph Delteil !

 


 


Pour se procurer ce numéro via AMAZON, cliquer sur le lien suivant : ACHETER INSTINCT NOMADE

Pour se procurer ce numéro chez l'éditeur : chèque de 18€ (dont 3€ de port) à l'ordre de Bernard Deson envoyé à l'adresse suivante : éditions Germes de Barbarie c/o Bernard Deson, 619 rue Henri de Navarre 24130 Le Fleix.