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22 décembre 2017

Dans mes haies : l'hiver et l'automne du fusain (bonnet d'évêque)

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Fusain l'hiver dans mes haies.

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Le même cet automne

(Photos Christian Cottet-Emard)

 

23 novembre 2016

Carnet / Inventaire du soir dans les haies

Hier en fin d’après-midi, une bande de brouillard a pris naissance derrière les collines et s’est étendue dans le vallon en contrebas de la maison comme une longue écharpe qui se dénouait lentement du nord au sud et en sens inverse de la progression rapide des nuages élevés.

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Pourquoi ai-je éprouvé l’envie de photographier ce spectacle certes un peu inhabituel mais pas extraordinaire pour autant ?

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Quelques jours avant cette fantaisie des nuées laiteuses dans la grisaille du jour, j’ai aussi photographié dans mes haies les derniers éclats rouges et oranges des baies de fusain appelées aussi bonnets d'évèque sous la lumière rasante des éclaircies. C’est à ces réflexes d’inventaire que je mesure l’avance du temps dans ma vie. Peut-être suis-je enclin à de tels songes parce que je vis à la campagne.

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Je sais pourtant que la nature, grande gaspilleuse d’énergie, de beauté et d’ingéniosité, ne semble rien avoir de particulier à nous dire, que ce soit à son contact direct comme c’est le cas pour moi ou bien loin d’elle, en ville, dans le désordre, la promiscuité et la vanité des engouements collectifs.

Lorsque je vois tous ces gens s’extasier en meutes lors d’une réunion politique, se tortiller debout les bras en l’air serrés comme des sardines en boîte en prenant des décibels dans ce qu’on persiste à appeler des concerts, vociférer par dizaines de milliers dans des stades, je me dis que c’est peut-être parce qu’ils vivent dans des grandes villes. En réalité, à part cette explication plutôt vague, j’ai beau réfléchir, quelque chose m’échappe mais après tout, qu’est-ce que ça peut faire ?

La littérature et la musique peuvent certes distraire l’âme de tels constats mais je dois avouer, à cinquante-sept ans demain, qu’observer les habitudes de vie de ma chatte Linette m’apprend plus que tous les livres de philosophie, de spiritualité, voire pire de développement personnel, que j’ai pu ouvrir par le passé.

Mon enfance ne me fit étrangement pas grâce de ces vagues d’ombre, de cet obscur pressentiment de la nature absurde de la vie et du fait qu'elle nous dépossède de nous-même comme j’en eus plus tard la confirmation dans le texte de Jean Tardieu (extrait de La première personne du singulier) L’enfant resté au bord de la route : « Il savait tout d’avance... » cet enfant.

Photos : chez moi, derrière la maison. (Photos Christian Cottet-Emard)

 

 

10 mai 2015

Dans la nature indifférente

Pendant que l’agriculteur sillonne les champs au loin avec son tracteur tu tonds tes trois mille mètres carrés autour de la maison et tu te demandes si cela peut bien avoir un sens pour la nature

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Lui et toi rudoyez un peu la nature quoique les fleurs et le foin repoussent mieux s’ils sont fauchés

Ni lui ni toi n’êtes à genoux devant la nature même si vous aimez la contempler de temps en temps pour vous raconter des histoires (surtout toi)

D’ailleurs la nature n’a pas plus d’affection particulière pour vous que pour qui que ce soit et elle ne se raconte jamais d’histoires

Elle est comme une femme qui n’aime pas être aimée de manière trop sentimentale et puis comment pourrait-elle être aimée par cette partie d’elle-même que vous êtes l’agriculteur et toi ?

Pousser la tondeuse pendant des heures ne t’amuse pas mais cela te permet de penser à tes livres en cours d’écriture et à leurs improbables ou mystérieux destinataires

À cette vie plus écrite que vécue depuis la prairie et les vallons où tu essayes de te tenir le plus possible à distance du monde illisible et de ses principaux chagrins

Rien que de très artificiel et d’assez peu écologique en somme te dis-tu en versant de l’essence dans ta tondeuse et en gardant toujours un œil sur ce qui pourrait surgir d’un buisson d’une haie des confins du cosmos ou d’une simple flaque d’eau

 

© Ed. Orage-Lagune-Express, 2015