01 février 2026
Pour le salon du livre de Nantua, parution de L'ENFANT QUI N'INQUIÉTAIT PAS LES OISEAUX

Je signerai mon nouveau livre en avant-première au salon du livre de Nantua (Ain) les samedi 21 et dimanche 22 février.
Résumé :
Fin des années 1960. Till, neuf ans, a une imagination si débordante qu’elle peut le mener bien plus loin que ses escapades entre la rivière Sarsouille et la forêt de la Brétouze, au-dessus d’Oyonnax.
Son enfance dans la cité du peigne, de la lunetterie et des matières plastiques ressemblerait à celle de ses camarades si elle n'était pas marquée par un détail bizarre : au lieu de s'effaroucher, les oiseaux ne prennent même pas la peine de s'envoler à son passage, ce qui n'échappe pas à Face de lune et sa bande qui le tourmentent à la sortie de l'école.
Heureusement, Till n'est pas seul face à ce problème, notamment grâce à un drôle d'ange gardien qui roule en cyclomoteur et qui ouvre les coffres-forts, le vieux Christiansen. Ce personnage mystérieux, bougon mais amical, est aussi là pour rappeler à Till que dans la vie, le rêve et le réel ne sont pas incompatibles, à condition qu’ils se nourrissent l’un de l’autre.
Dans la lignée de ses Chroniques oyonnaxiennes qui explorent aussi le thème d’une enfance dans le Haut-Bugey, Christian Cottet-Emard puise à nouveau dans ce vivier inépuisable que sont ses souvenirs pour en extraire cette fois un roman débordant de tendresse, de fantaisie et d’humour.
Voici un livre qui offre un grand bol d’air frais tout droit venu des forêts de l’Ain et du Jura.
(J. V. d A, Club cigare info)
15:41 Publié dans Agenda/Rendez-vous, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nantua, salon du livre nantua, christian cottet-emard, haut bugey, site clunisien, ain, roman, l'enfant qui n'inquiétait pas les oiseaux, signature, dédicace, blog littéraire de christian cottet-emard, oyonnax, années soixante, vingtième siècle, forêt, brétouze, parc rené nicod, oyonnalith, souvenir
30 juin 2022
Carnet / Du moment à poème
01:15 Publié dans carnet | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : carnet, note, journal, littérature, poésie, autobiographie, moment à poème, épiphanie, présence au monde, christian cottet-emard, blog littéraire de christian cottet-emard, écriture, conscience, perception, sensation, sentiment, instant, présent, passé, avenir, quotidien, mystère, conscience de soi, individualité, analyse, réflexion, introspection, vie intérieure, forêt, sapins, épicéas, lac, route, beaux jours, lumière, matin, cabane forestière, poêle à bois, lampe à pétrole, années soixante, espace, temps, or, diamant, étoile, hiver, décembre
24 juillet 2021
Mon feuilleton de l'été / 3ème épisode. La machine à rire

Oyonnax, boulevard Dupuy, fin des années soixante.
Le boulevard Dupuy de cette époque que j’arpente en culottes courtes, ce sont encore des parfums et des odeurs. Commençons par le plus agréable, les parfums, ceux de la belle saison. D’abord les platanes ou les érables dont les racines soulèvent le goudron des trottoirs. Les effluves puissants de leur feuillage dense enveloppent le quartier avant l’orage et après l’averse. Derrière les cours et les portails, les grands jardins et les petits parcs sentent le buis, l’iris et la pivoine, surtout les soirs de journées chaudes. Tout le quartier en profite, surtout quand le travail s’arrête car lorsqu’il reprend (quand il ne continue pas la nuit ou le dimanche) ce sont les odeurs qui prennent le dessus : le métal chaud des machines, les relents douceâtres, presque sucrés, de la matière plastique en fusion, les huiles de moteur, les graisses, parfois les solvants.
Comme la plupart des résidences du boulevard, la propriété où vivent et travaillent mes grands-parents se compose de la maison, du jardin et des ateliers. Après son retour de la guerre d’Algérie, mon père s’obstine à porter à bout de bras l’entreprise familiale. Pendant que ma grand-mère s’use les mains (au sens propre) au polissage au rouleau des montures de lunettes et que mon grand-père procède au rognage, tous deux dans le plus vaste et le plus haut des ateliers, une cathédrale d’engrenages et de courroies qui tournent et frottent avec fracas, mon père a investi le local d’en face, plus petit, pour y installer une presse à injecter. J’ai encore dans les oreilles son morne concerto avec sa basse continue, parfois nasillarde, ses percussions routinières et ses fausses notes lorsqu’elle s’égare hors de la partition à cause d’un incident technique.
Dans ce cas-là, je ne suis jamais loin car je sais que lors de la remise en route, mon père va contrôler la qualité des pièces produites (le plus souvent des jouets, des figurines et des accessoires pour dînettes) dont il va écarter celles présentant un défaut, celles dont j’aurai le droit de prélever quelques exemplaires pour mes collections. Je partage de temps en temps cette manne avec un ou deux camarades du quartier. Nous délaissons le bac à sable où nous jouons aux grands travaux avec des camions, des tracteurs et des bulldozers multicolores, parfois fabriqués dans les ateliers des voisins, pour sélectionner les ratés de la presse à injecter qui nous intéressent le plus.
Parmi ces productions en série, il en est une qui nous amuse tout particulièrement. Il arrive que les circuits mécaniques de la machine doivent être purgés. Les entrailles du monstre expulsent alors des concrétions de matière aux formes tout à fait évocatrices et désopilantes à nos yeux d’enfants. Quelques tas fumants du plastique encore chaud, avachis en molles spirales, jonchent l’atelier et durcissent en sculptures scatologiques aux couleurs fluorescentes les plus variées. Dans la cour où nous en récoltons les plus spectaculaires échantillons, nous rions à n'en plus finir de ces déchets que nous appelons des cacas de presse à injecter car les enfants ne se privent jamais des mots pour le dire !
Un jour, la machine avait été abondamment purgée. Au moment de notre séance de rigolade, moi-même et un camarade du moment avions été rejoints par une gamine du voisinage qui partageait parfois mes jeux les moins guerriers. J’avais un faible pour elle car sa compagnie déclenchait en moi des émotions inexplicables accompagnées d’étranges mais agréables sensations dans le bas ventre.
Elle nous avait gratifié d’un sourire d’autant plus large qu’elle avait chapardé le rouge à lèvres de sa mère pour s’en servir à son profit, un coup d’éclat dont elle tirait une certaine fierté. Elle attendait visiblement ma réaction mais mon camarade, affichant une mine dégoûtée, me brûla la politesse. Il désigna les cacas de la presse à injecter, très rouges ce jour-là, et lui dit en s’esclaffant : « Avec ce truc-là, tu vas faire les mêmes ! » J’éclatai bêtement de rire, si bêtement, je dois dire, que ma jolie voisine tourna les talons et nous planta là, nous, petits mâles nigauds, qui commencions assez mal nos relations avec le beau sexe.
À suivre...
© Éditions Orage-Lagune-Express, 2021.
01:27 Publié dans Atelier, Mini-feuilleton | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : articles publicitaires, plastique, oyonnax, ain, rhône-alpes, haut bugey, vallée des plastiques, plastic vallée, souvenirs, enfance, boulevard dupuy oyonnax, cottet-emard, récit, feuilleton, autobiographie, blog littéraire de christian cottet-emard, articles en plastique, christian cottet-emard, presse à injecter, injection matières plastiques, polissage lunettes, rognage branches de lunettes, atelier, plasturgie, huile moteur, parfum, odeur, iris, pivoine, buis, platane, érable, vingtième siècle, années soixante, trente glorieuses




























